En janvier 2026, les 60 salariés de la maison Raynaud, fondée en 1919, quitteront le site des Courrières à Isle (Haute-Vienne) pour emménager dans une usine de 4 500 m² au nord de Limoges. La construction de cette unité devenait urgente après l’incendie du four principal en janvier 2024.
"Sans four, on aurait pu mourir, c’est comme nous retirer le cœur"
"On cuit actuellement nos pièces à l’extérieur chez des confrères, cela nous aide à passer une période compliquée, assure Antoine de Rémur, le directeur général. Sans four, on aurait pu mourir, c’est comme nous retirer le cœur. On a refusé des commandes, ce n’est pas naturel pour un entrepreneur. Il fallait trouver une solution pour étendre nos capacités de production sachant que le chiffre d’affaires a doublé en quatre ans pour arriver à 9,5 millions d’euros."
Implantée sur un terrain de 8 000 m², l'usine de 4 500 m² (3 600 m² d'ateliers et 900 m² de bureaux et d’espaces sociaux complétés par un parking), a nécessité un investissement de 7 millions d’euros avec des subventions de la Région (près de 270 000 €) et de Limoges Métropole (100 000 €).
L’unité sera équipée de matériels neufs, notamment un four de dernière génération (500 000 €), un séchoir, un four cellule, un outil performant pour stocker des pièces à 7 m de haut et des tables élévatrices pour réduire la pénibilité. "Le site sera extrêmement vertueux par rapport au bâtiment actuel datant de 1976, trop petit, trop chaud l’été et très froid l’hiver, chauffé au gaz. Avec le 100 % électrique, on consommera moins d’énergie", ajoute Antoine de Rémur. Des panneaux photovoltaïques vont être installés.
De 15 à 20 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 10 ans
Pour ce projet, Raynaud s’est engagé dans le programme régional Usine du Futur pour améliorer les conditions de travail et sa compétitivité. "On prévoit de faire 15 à 20 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 10 ans et de créer 25 à 30 emplois", annonce-t-il. La conjoncture est très porteuse après un repli au début 2000 dû à la fin des listes de mariage et la période Covid qui avait réduit l’effectif à 37 salariés.
Le porcelainier réalise 70 à 80 % de son activité à l’export, dont 10 % aux États-Unis, avec de nouveaux marchés dans l’hôtellerie-restauration mais aussi auprès d’une clientèle haut de gamme (présidences, monarchies, ambassades, consulats, propriétaires de yachts) et des maisons de luxe.