« J’espère que tout le monde comprendra qu’il y a des choses qui ne se disent pas, surtout quand on n’a rien à proposer de crédible pour renforcer les services publics et ceux qu’ils servent.» Voilà comment le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, candidat aux Régionales en Ile-de-France, a commenté la sortie d’Emmanuel Macron sur le statut des fonctionnaires. Une polémique de plus à gauche après les propos du ministre de l’Économie sur les 35heures, lors de l’Université d’été du Medef. « Des choses qui ne se disent pas »…
À en croire Claude Bartolone, Emmanuel Macron n’aurait pas tout à fait compris comment fonctionne la Ve République. Dans l’esprit du président de l’Assemblée nationale, toute vérité ne serait donc pas bonne à dire quand on est politique. Et de reprendre finalement à son compte ce que Jean-Pierre Chevènement déclarait en son temps : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Et si ça veut l’ouvrir, ça démissionne.»
Sous prétexte qu’il n’est pas élu, qu’il n’appartient pas au clan des apparatchiks, qu’il doit la jouer collectif avec son gouvernement, qu’il est ancien banquier,ou que sais-je, Emmanuel Macron n’aurait donc pas voix au chapitre de la démocratie. Mais quelle drôle de conception du débat public le président de l’Assemblée nationale nous délivre-t-il ici ? Que dire alors à toutes ces entreprises qui, faute de ligne politique claire, n’osent pas investir et, par incidence, ne recrutent pas ? Qu’il faut se taire car il y a « des choses qui ne se disent pas »? Alors oui, Claude Bartolone, quand on veut moderniser la vie publique, quand on veut révolutionner des partis politiques en déliquescence, quand on veut améliorer la représentation nationale, il y a en effet « des choses qui ne se disent pas ! »