Basé à Laval, Bleez est devenu un éditeur de logiciels à part entière. La SAS a été créée en 2024. Mais son activité est née en 2000 au sein du cabinet d’experts-comptables ComptaCom. Pour le cabinet lavallois, développer un logiciel visait d’abord à simplifier les saisies en interne. Puis cela lui a permis d’être parmi les premiers acteurs en France à proposer la dématérialisation des factures et justificatifs à ses clients.
"Le premier client a été Warner Music", se souvient Guillaume Caplan, le dirigeant de Bleez. C’est ce contrat qui, en 2004, avait fait venir cet ingénieur auprès de son père, Didier Caplan, cofondateur en 1988 du cabinet devenu ComptaCom (ils sont aujourd’hui une soixantaine d’associés, pour autant d’implantations en France, qui emploient 700 salariés). Ainsi, le jeune éditeur affiche déjà 40 000 clients utilisateurs.
Doubler l’activité en deux ans
"Aujourd’hui, devenir un éditeur autonome est le moyen d’équiper d’autres cabinets d’experts-comptables. Nous avons une expérience de vingt ans, nous ne sommes pas une start-up. Et nous ne visons donc pas les "bons coups" commerciaux. Nous nous inscrivons dans le temps", insiste Guillaume Caplan.
Bleez s’appuie sur une équipe d’une quarantaine de personnes. La société a réalisé 2,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024. "L’objectif est de faire le double dans deux ans", avance le dirigeant.
Gagner en visibilité
En installant ses services dans de nouveaux cabinets d’expertise-comptable en plus de ceux qu’il équipait pour CompatCom, Bleez pense toucher d’autres clients par répercussion. Des entreprises présentes dans des régions où Bleez est moins connu, par exemple. "Nous équipons les cabinets, et ce sont les experts-comptables qui installent le logiciel sur les ordinateurs de leurs clients. Mais nous pouvons aussi fournir des entreprises multisites", précise Guillaume Caplan.
Un double levier technologique et réglementaire
Deux nouveautés vont impacter le marché et laissent entrevoir des voies de croissance. "L’intelligence artificielle va nous permettre d’enrichir nos logiciels avec de nouvelles fonctionnalités qui feront encore gagner du temps, pour le classement des données par exemple, les saisies, d’affiner la reconnaissance des écritures manuelles, de fluidifier encore les échanges entre cabinet et clients, etc. Le but est que les collaborateurs des cabinets comptables puissent consacrer davantage de temps au conseil", explique Guillaume Caplan.
"L’intelligence artificielle va aussi faciliter la transition vers la facturation électronique", poursuit-il.
Les bénéfices de la facturation électronique
Obligatoire à partir de 2026, la facturation électronique devrait également créer un appel d’air sur le marché des logiciels Saas. Des millions d’entreprises et associations devront s’y conformer. "Après vingt ans de numérisation des factures et de transmissions automatiques, nous avons pu observer les gains de temps, de confort de travail pour le personnel, de sécurité d’être en règle pour les entreprises. Et l’État pourra se garantir le retour immédiat de la TVA, ce qui n’est pas négligeable dans le contexte que l’on connaît des finances publiques."
Libéraux, grands groupes, associations…
La société lavalloise développe deux logiciels : Bleez Gescab, réservé à la gestion interne des cabinets d’expertise-comptable, et Bleez, qui sert de lien entre le comptable et ses clients. Ceux-ci peuvent être des TPE comme des ETI et grands groupes.