Ne l’appelez plus Comptacom. Le groupe lavallois a choisi de se renommer Tyls – acronyme de Talent You Lien Solutions, pour marquer sa proximité avec ses clients. Ce nouveau nom est moins un effacement de son cœur de métier, l’expertise comptable, qu’un moyen de mettre en avant la diversité de ses compétences dans le conseil. La marque est ainsi déclinée en dix entités afin que ses services spécifiques soient mieux identifiés : Tyls Avocats, Tyls RH, Tyls Pilotage, Tyls Immo, Tyls Connect, etc., dirigés par des pôles d’experts métiers.
Capter de nouveaux profils de clients
Cette nouvelle identité va impliquer le renforcement de l’équipe commerciale pour recruter de nouveaux clients. Le réseau lavallois, fondé en 1988, travaille historiquement auprès de TPE et petites PME, des artisans, des commerçants, des professions libérales, des sociétés de services et même des agriculteurs. Des PME et ETI, surtout clientes aujourd’hui des activités d’audit, pourraient ainsi être attirées par cette nouvelle mise en avant des services de Tyls.
Une croissance annuelle de 20 % depuis 25 ans
Avec "une croissance annuelle de 20 % depuis 2001", selon la direction, le groupe compte désormais 75 agences en France, et une au Luxembourg, menées par les cinquante experts-comptables associés du réseau. 750 salariés sont à l’œuvre. Et l’objectif est que le chiffre d’affaires atteigne 86 millions d’euros en 2026. "C’est déjà acté, nous devrions même faire davantage", annonce le président Ollivier Moisan.
La numérisation catalyse la restructuration du secteur
Comptacom a été un pionnier en France de la numérisation des documents comptables. Désormais indépendante du groupe, la société Bleez équipe le réseau de logiciels en propre, à la fois pour simplifier les saisies et proposer des tableaux de bord personnalisés aux clients. Avec l’arrivée de la facturation électronique et de l’intelligence artificielle, ce savoir-faire et la dimension de Tyls devraient attirer de nouveaux cabinets indépendants.
"Nous sommes sur un marché atomisé où la restructuration s’accélère fortement par la nécessité d’investissements importants dans de nouveaux outils numériques, résume Ollivier Moisan. Nos fonctions support permettent aussi de soulager les nouveaux associés."
Douze nouvelles agences en deux ans
Le réseau a intégré une douzaine de nouvelles agences en moins de deux ans. Tyls s’est ainsi implanté dans des zones où le réseau était peu présent : dans l’Est avec un cabinet de Metz en juillet 2025, à La Rochelle en octobre, plus au sud à Annecy et Chambéry avec deux agences d’un cabinet de douze personnes en novembre. Le Sud-Ouest est encore une zone à défricher. "Nous sommes présents à Bordeaux, mais pas à Biarritz, Toulouse, Béziers, Perpignan… Mais nous devrions nous développer dans la zone courant 2026", indique le président.
L’Ille-et-Vilaine première de cordée
Très actif dans l’Ouest, par son histoire, Tyls s’est aussi renforcé à Rennes, où la recherche de nouveaux locaux est enclenchée pour héberger ses effectifs croissants. "En Ille-et-Vilaine, nous avons une agence tous les 20 kilomètres. C’est aujourd’hui notre premier département en termes d’activité, devant la Mayenne", précise Ollivier Moisan.
Le plus gros site demeure celui de Laval, qui abrite également le siège social, où travaillent près de 80 associés et collaborateurs.
Pas de développement à tout prix
"Le développement géographique n’est pas une stratégie en soi, explique Ollivier Moisan. Nous cherchons une croissance harmonieuse et ne forçons pas les choses. L’intégration de nouveaux cabinets est d’abord une histoire d’individus, de rencontres." Le groupe préfère ainsi privilégier ses valeurs et rester absent d'une région si l'associé idoine n'est pas trouvé.
"C’est la même chose pour les collaborateurs, poursuit-il : à l’heure du digital, nous cherchons d’abord des compétences et des expertises qui peuvent s’exprimer de n’importe où en France au service du réseau." La vision du réseau est d’assurer une grande proximité avec les clients "pour les accompagner au mieux, en présentiel".
Le comptable a de l’avenir, en version augmentée
Et contrairement à un refrain souvent entendu, "l’intelligence artificielle ne va pas remplacer le métier de comptable", pense Ollivier Moisan. "Je n’ai aucune crainte là-dessus. Il y aura toujours besoin de comptabiliser. Cela reste un service qui éclaire et fait gagner du temps aux entreprises. Le comptable ne va donc pas disparaître, assure-t-il. Il s’agit plutôt d’une transformation du métier, dans lequel l’accompagnement des entreprises va se renforcer pour dépasser la fonction première de comptable."