Unir les acteurs de la filière ferroviaire en région : telle est l'actualité. « On a enterré le désamour et désormais il faut stimuler l'amour », lance Arnaud Montebourg, au sujet de la notoriété de la filière et de la volonté de faire de cette dernière un pilier stratégique du redressement productif.
Un fonds de 40 millions
L'ordre du jour de ce comité stratégique ? Mettre en exergue la volonté de l'Etat d'appuyer chaque segment de cette industrie : mise en réseau des clusters ferroviaires, création d'un fonds d'investissement ferroviaire de 40 millions - abondé par le FSI, Alstom, Bombardier, SNCF et RATP -, création d'une « équipe de France » ferroviaire à l'export pour gagner en visibilité sur la scène internationale. Mais il s'agit aussi de constituer des grosses PME, chemin vers la formation des ETI ou encore identifier les éléments stratégiques de la filière et les protéger. Quid des TPE et des fournisseurs ? A ce sujet, le ministre du Redressement productif met en garde les donneurs d'ordre, afin de ne pas étouffer leurs collaborateurs. Car l'enjeu consisterait en la montée en puissance de chaque acteur.
Deprecq, sur les rails de la « co-traitance »
Cas pratique chez Deprecq, la société d'Antoinette Cousin, à Raismes. « Nous mettons l'accent sur la montée en compétences. La notion de sous-traitance est galvaudée. Nous préférons parler de co-développement, rendu possible grâce aux technologies CAO qui permettent de nous placer de plus en plus en amont des projets », précise Antoinette Cousin, présidente du groupe industriel privé et spécialisé dans les tôleries fine et structurelle. Et cette dernière d'ajouter : « Les simples sous-traitants n'ont aujourd'hui que peu de perspectives. Leur développement passe obligatoirement par la croissance externe, les groupements entre entreprises, l'innovation mais également les partenariats de longue durée avec les donneurs d'ordre. Il est aussi conditionné par l'indispensable amélioration de la compétitivité des PMI qui résulterait d'une augmentation de la flexibilité et d'une réduction du coût du travail. » Aussi le groupe Deprecq, historiquement tourné vers le ferroviaire, espère-t-il grandir en passant de la sous-traitance à la co-traitance pour notamment gagner en compétitivité face aux géants mondiaux et aux pays émergents. Projets déjà à l'oeuvre d'ailleurs avec Alstom ou Hiolle Technologies, notamment dans la réalisation de tôleries peintes avec câblage intégré. Le but de la démarche est clair : instiller de la valeur ajoutée dans chaque segment de la production et prôner des rapports plus horizontaux que verticaux avec les donneurs d'ordre.
Deprecq
(Raismes) P-dg : Antoinette Cousin 160 salariés CA 2012 : 18 M€ 03 27 32 27 57 www.deprecq.com/fr