Déconstruction navale : Amorce d'une filière
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Déconstruction navale : Amorce d'une filière

Industrie navale En remportant fin 2012 un marché de déconstruction de trois navires de la Marine nationale, les entreprises Foselev Marine et Topp Decide ravivent les espoirs de voir un jour une filière de déconstruction prospérer dans le Var.

En juillet2012, à l'occasion de la 6 e conférence régionale de l'industrie, la préfecture de région avait appelé de ses voeux la création d'une filière de déconstruction des navires en région Paca. Le Conseil régional avait également rejoint le mouvement affichant sa volonté de ne plus laisser le champ libre aux sites d'Asie du Sud-Est et les syndicats, la CGT en tête ont aussi apporté leur soutien, convaincus qu'une telle activité permettrait d'avoir une filière économique maîtrisée et créatrice d'emplois. Fin décembre, la notification d'un marché de déconstruction de trois navires de la Marine nationale ravive tous les espoirs à La Seyne-sur-Mer.




L'amorce d'une filière

Ce marché est un premier pas pour les industriels de la région et du Var, qui comptent bien figurer sur la carte des sites français de déconstruction navale. À la manoeuvre, deux entreprises, Foselev Marine, spécialiste de la réparation navale et Topp Decide, une société de conseil en ingénierie. « Le marché nous a été notifié au mois de décembre après deux années d'instruction. Les arrêtés préfectoraux nécessaires aux installations classées pour la protection de l'environnement ont été pris. Désormais, nous attendons la réception du dock flottant de 160 mètres de long destiné à préserver la rade de tout risque de pollution, pour démarrer les travaux. Nous devrions être opérationnels entre le 15mars et le 15avril et les opérations dureront environ 16 mois », détaille Philippe Larue, directeur de Foselev Marine. Trois navires - la Saône, l'Argens et le Dive - sont concernés par ce contrat de plusieurs millions d'euros. Chaque navire sera dépollué, désamianté, découpé et la ferraille stockée sur un terrain de 10.000m² à Brégaillon avant d'être revendue à un aciériste. « Les produits de la vente seront intégralement reversés à la Marine nationale », précise Philippe Larue.




La volonté d'ancrer une activité de déconstruction

Ce marché fait figure de test pour Foselev Marine, qui souhaite faire de Brégaillon un site pilote : « La réglementation IPCE est établie pour la déconstruction de ces trois premiers navires, mais ce premier contrat est pour nous l'occasion de démontrer notre savoir-faire et la faisabilité d'opérations de déconstruction dans la rade de Toulon dans de bonnes conditions pour l'environnement et les hommes. Nous serons totalement transparents, nous voulons montrer patte blanche, avec l'espoir de poursuivre cette activité. » Foselev Marine est en effet engagée dans d'autres appels d'offres de la Marine nationale et ne cache pas vouloir pérenniser cette activité de déconstruction, qui représente un beau complément à son activité de réparation navale et est créatrice d'emplois. « La réalisation du marché notifié en décembre occupera 50 personnes. Si l'activité devient pérenne, 100 emplois directs pourraient être créés », affirme Philippe Larue.




Des besoins grandissants

Dès lors, « nous avons notamment le soutien de la CCI du Var, qui souhaite également voir une filière de démantèlement se structurer dans le département pour répondre à des besoins grandissants. » Sur son site Internet, la Marine nationale confirme en effet son engagement à déconstruire dans les prochaines années près de 100.000 tonnes de navires et environ 10.000 tonnes de batellerie entre Brest et Toulon. « Le plan consiste à déconstruire en priorité les coques les plus anciennes et pour cela la Marine a constitué des lots dont le traitement est échelonné dans le temps, pour permettre à des entreprises concurrentes de pouvoir se positionner en respectant toutes les exigences. » Au-delà des navires de la Marine nationale, le recyclage des navires de plaisance et unités de pêche pose aussi question. D'après la Fédération des industries nautiques, le nombre de bateaux de plaisance arrivant en fin de vie est en croissance régulière : 5.000 tonnes en 2005, 10.000 tonnes en 2010 et une estimation de 20.000 tonnes en 2020.

Foselev Marine



(La Seyne-sur-Mer) Directeur : Philippe Larue 33 personnes CA HT : 6M€ Tel. : 04 91 11 50 50

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