L'agence de développement azuréenne Team Côte d'Azur vient de publier le bilan 2014 des décisions d'investissements des entreprises étrangères sur le département des Alpes-Maritimes. Soit 31 décisions d'implantations issues de 10 pays. Certes, elles ne sont pas aussi visibles qu'en 2013, année marquée par la fermeture de Texas Instruments qui avait attirer de grands noms comme Samsung ou Huawei sur la technolople azuréenne. Il n'empêche, le cru 2014 est un "bon cru, qui plus est riche d'enseignements", souligne Jacques Lesieur, directeur de Team.
Des projections en termes d'emplois plus prudentes
Le premier concerne l'emploi. Avec 450 emplois prévus à trois ans, le nombre d'emplois attendus de ces investissements est en retrait cette année, les décideurs tendant à être plus prudents dans leurs prévisions, jusqu'à sous-estimer parfois leur croissance à venir. "Les implantations sont de plus en plus difficiles à obtenir face à une concurrence plus globalisée et une crise qui exacerbe les critères économiques dans le processus de décision. Cela aboutit à des implantations moins importantes en termes d'emplois, mais lorsque l'on vérifie les chiffres au bout de trois ans on s'aperçoit qu'ils ont tendance à être supérieurs que ceux annoncés. Finalement, si c'est plus dur de faire venir les entreprises, une fois implantées elles s'ancrent mieux sur notre territoire", analyse Jacques Lesieur.
La Métropole plus attractive que Sophia
Autre fait notable, la Métropole Nice Côte d'Azur totalise, et c'est une première, plus de décisions d'implantations (18) que partout ailleurs dans le département (10 sur Sophia Antipolis, 2 à Grasse et 1 à Cannes). "Cela traduit le dynamisme engagé de l'Eco-Vallée, souligne Jacques Lesieur. Jusqu'il y a peu conceptuelle, la stratégie de positionnement de la Métropole sur le secteur smart city est entrée en phase opérationnelle, et cette nouvelle attractivité prouve qu'elle est comprise des investisseurs". Si bien qu'aujourd'hui l'image du territoire métropolitain s'avère plus visible que celle de Sophia Antipolis. D'où le projet Sophia 2030, qui vise à repositionner la technopole azuréenne dans le scope des investisseurs.
Frémissement des secteurs de la santé et des éco-technologies
C'est là encore, selon Team, l'illustration concrète du déploiement opérationnel de la stratégie de la Métropole. Avec 7 projets à forte composante technologique (énergie cinétique, e-santé, dispositifs médicaux et dermo-cosmétiques), les secteurs de la santé et des éco-technologies émergent et constitueront "le grand sujet des implantations dès l'année prochaine", parie Jacques Lesieur. En attendant, les secteurs des services aux entreprises et des TIC conservent leur hégémonie, représentant à eux deux 87% des décisions. L'implantation de Regus à Sophia Antipolis et celle du réseau d'investisseurs Media Deals, spécialisé dans les industries créatives et les médias digitaux, à Cannes marquent l'intérêt réitéré des investisseurs pour un secteur numérique azuréen en plein renouveau avec l'initiative French Tech. Les TIC représentent un tiers des projets comme des emplois : des ténors mondiaux comme les Américains Ceva et Quantenna ou le Chinois Feitian venus implanter des centres de R&D à Sophia Antipolis, des SSII comme le groupe RDI et des start-ups de la nouvelle économique.
Retour des Américains
Enfin, il est à noter le retour des entreprises américaines sur le territoire. "Depuis plusieurs années, on était face à une cassure liée à la fois à la crise, les Américains s'étant rétractés sur eux-mêmes, et l'image contre-productive de la France, entre mouvements sociaux et taux d'imposition à 75%. Cela change puisqu'avec 6 décisions en 2014, soit 20% des implantations, on retrouve presque notre rythme de croisière qui oscille entre 8 et 10 par an", détaille Jacques Lesieur. La France reste à l'origine de 42% des décisions d'investissements accompagnées par Team Côte d'Azur, suivie de près par l'Europe, en particulier les pays nordiques, l'Ukraine et l'Espagne avec 32% des projets. La Chine et l'Ile Maurice viennent compléter ce tableau avec deux décisions d'investissements.