Le Tribunal de commerce du Havre a confirmé jeudi 10 novembre la reprise de l'équipementier industriel Debris (11,7 millions d'euros de CA en 2015), placé en redressement judiciaire en juillet dernier, par un pool d'entrepreneurs emmené par Jean-Louis Louvel, le dirigeant-fondateur du groupe PGS. L'opération est portée par la holding financière Fininco Partners créée par les dirigeants fondateurs de PGS, dont Jean-Louis Louvel en personne, ainsi que par la société MTS (14) dirigée par Denis Leyauté.
Trop dépendante de ses donneurs d'ordres
La reprise, effective depuis le 14 novembre dernier, porte sur le maintien de 39 des 73 salariés que compte actuellement l'entreprise. Fondée en 1967, Debris était devenue au fil du temps trop dépendante de ses deux principaux clients, dont l'industriel havrais Sidel, qui représentaient encore dernièrement près de 80 % de l'activité de l'entreprise. En perdant l'un de ses deux principaux contrats, l'entreprise Débris n'a pas pu faire face. L'objectif, désormais, explique Jean-Louis Louvel, « c'est de trouver rapidement des synergies commerciales entre MTS, Alterval (filiale de PGS) et Debris pour trouver de nouveaux contrats et que Sidel ne représente plus une part aussi importante de l'activité ». Condition nécessaire pour aller « chercher rapidement quinze emplois de plus ». Rapidement, l'entreprise va changer de dénomination pour devenir IMetal. La gouvernance sera assurée par un tandem composé de Denis Leyauté, le dirigeant de la société MTS, et Romuald Uzan, actionnaire de Fininco et dirigeant d'Alterval, une filiale de PGS spécialisée dans le recyclage d'emballages carton.
Le coup de pouce attendu de Normandie Participations
Soutenu par la région Normandie dans le cadre du dispositif ARME à hauteur de 150 000 euros (subvention), le projet de reprise pourrait bénéficier dans les semaines qui viennent d'un nouveau coup de pouce de la collectivité régionale. Les repreneurs ont en effet sollicité le fonds Normandie Participation, piloté par la région, dont le prochain conseil d'administration doit se tenir début décembre. Un soutien de la collectivité déterminant, explique Jean-Louis Louvel : « reprendre une société en redressement, c'est défi très relevé compte tenu des risques ; et ce dossier était plus compliqué que les autres. Sans l'intervention de la région, on n'y serait pas allé ! » Le patron de PGS qui se dit « fier » de cette reprise explique que ses partenaires et lui-même sont intervenus avant tout « pour sauver des emplois ». « L'objectif n'est clairement pas de faire une opération financière !