Vincent Denoël est directeur des opérations R & D et support innovation chez Pierre Fabre. Basé à Castres, le géant de la pharmacie et de la dermo-cosmétique emploie 13.000 personnes dans le monde et affiche un chiffre d'affaires de 2,29 milliards d'euros Vincent Denoël a organisé avec son équipe et le pôle Cancer-Bio-Santé le Day ONE 2017.
Le Journal des Entreprises : Pouvez-vous nous décrire le forum Day ONE que vous organisez pour la seconde fois ?
Vincent Denoël : « Pour l'édition 2017, nous n'avons pas changé de formule ni de format : l'unité de temps et de lieu sera respectée, avec une seule journée, le 14 juin, et le centre de R & D Pierre Fabre de l'Oncopole pour cadre de travail. Le principe est d'ouvrir le système de R & D du groupe vers l'extérieur. Pour cela, nous avons invité des start-up et entreprises de biotechnologie à venir présenter leurs projets et voir les possibilités de travailler ensemble. Nous avons reçu une soixantaine de candidatures, et nous allons en sélectionner une trentaine. »
Quels sont vos critères de sélection ?
V.D. : « L'an dernier, nous avions défini un cadre géographique, le grand Sud-Ouest de la France, en plus de certaines thématiques du groupe. Cette année, nous nous ouvrons vers d'autres villes : Lyon, Paris, Lille, Strasbourg, Marseille. Nous passons par les clusters et pôles santé. Nous avons décidé d'inclure des pays européens limitrophes : la Suisse et l'Espagne. »
Est-ce un événement grand public ?
V.D. : « Non, c'est un forum sur invitation : organismes publics, instituts de recherche et investisseurs (comme la BPI) seront conviés. Nous ouvrons l'événement aux 700 collaborateurs de notre centre de R & D. Nos chercheurs ont tous la possibilité d'assister à ces séances de pitch qui seront sur trois thématiques : l'oncologie, la dermatologie et la santé grand public. De ces rencontres naissent des accords qui peuvent prendre des formes très diverses. L'an dernier, trois partenariats ont été prévus, dont un annoncé avec la biotech H-Immune. »
L'open innovation est dans les gènes du groupe Pierre Fabre. Quelles formes cela prend-il ?
V.D. : « C'est devenu incontournable, en effet. Nous avons plusieurs outils qui s'ajoutent à ce Day ONE. L'outil le plus classique et le plus ancien est le business développement où nos équipes partent à l'affût des idées innovantes. Pour cela, nous avons des "hunters" qui participent à des congrès et parcourent le monde, notamment la côte Est des États-Unis et l'Europe, pour déceler les nouveautés qui peuvent intéresser nos recherches et aboutir à de nouveaux projets. Nous avons aussi le Fonds Pierre Fabre pour l'Innovation lancé en février 2016, qui propose un accompagnement des entreprises innovantes sous plusieurs formes : mise à disposition des compétences Pierre Fabre sur la totalité de la chaîne du médicament, cofinancement du programme de recherche, prise d'une participation minoritaire au capital ou accord de licence. Enfin, notre dispositif Nature Open Library propose depuis deux ans un accès à notre échantillothèque de plantes (plus de 15.000 échantillons répertoriés). C'est un trésor, mais nous ne le cachons pas. Au contraire, en le partageant, nous facilitons de nouvelles collaborations. Et c'est ce que nous recherchons. »