C’est une entreprise historique du Maine-et-Loire qui est en passe d’être transférée chez un autre acteur français de l’électronique. Ametra Intégration devrait rejoindre le groupe NSE. Le groupe auvergnat annonce en effet la signature d’un protocole d’accord en vue de l’acquisition de 100 % des activités en France de la PME angevine. L’industriel de l’Allier espère finaliser ce rachat "avant la fin de l’année" 2025. Le projet est soumis à l’obtention de l’avis des instances représentatives du personnel concernées, qui seront consultées à la rentrée, ainsi qu’aux conditions suspensives usuelles, dont l’Autorité de la Concurrence. Le groupe NSE, qui emploie plus de 700 salariés, est côté sur le marché boursier Euronext Growth à Paris. Son chiffre d’affaires au premier semestre 2025 s’établit à 51, 6 millions d’euros.
Ex-Anjou Électronique
Ametra Intégration a porté le nom d’Anjou Électronique durant quarante ans. Fondée en 1978, l’entreprise a grandi et a donné naissance à un groupe familial, baptisé Ametra en 2017 et dont le siège social est situé à Clamart en région parisienne. Le groupe présidé par Anne-Charlotte Fredenucci, fille du fondateur Claude Deroure, emploie à l’heure actuelle 750 salariés et compte plus de 200 clients pour un chiffre d’affaires de plus de 55 millions d’euros.
Ametra Intégration est l’une de ses filiales. Régulièrement sous-traitant de rang 1 auprès des clients de l’aéronautique, la PME fabrique des cartes électroniques qu’elle intègre à des harnais électriques, des coffrets, des systèmes embarqués, des baies et des racks ainsi que des bancs de test et des systèmes électriques, sous forme de prototypes ou en petites et moyennes séries. La société a un savoir-faire reconnu dans le domaine du câblage.
Un projet orienté aéronautique et Défense
Ce rachat, explique le groupe NSE, vise à "renforcer ses expertises et à élargir son offre de services" dans les domaines de la Défense et de l’aéronautique. "Ce projet s’appuie sur des synergies industrielles et commerciales fortes, un financement coordonné mobilisant plusieurs partenaires bancaires et une ambition de création de valeur durable". Les deux acteurs ont des clients similaires, avec lesquels ils sont engagés à des degrés divers : Airbus, Safran, Ariane Group, Thales, Dassault…
NSE est spécialisée dans les équipements électroniques de haute technologie, destinés à la Défense et l’aéronautique. Elle conçoit et intègre des systèmes embarqués et des structures câblées complexes, tels que les radars, les systèmes asservis (tourelle, lance-missile, etc.), les baies de contrôle commande ou encore les coffrets calculateurs. L’ETI bourbonnaise intervient de la conception au prototypage, et de la présérie à la production en série. Ses sites MCO et MRO sont orientés sur la maintenance de systèmes aéronautiques.
Une croissance dynamique
Ce projet de reprise "ne remet pas en cause le développement de notre site", affirme Laurie Douaud, directrice générale d’Ametra Intégration. "Notre projet Neo (pour nouvelles excellences opérationnelles) lancé en 2022 arrive au milieu du gué. Nous savons qu’il faut investir dans de nouveaux métiers, nous renforcer dans le domaine de la cybersécurité. Avec un acteur plus important comme NSE, nous pourrions poursuivre notre feuille de route et rester indépendant" dans la conduite du site.
Basée à Longué-Jumelles, entre Angers et Saumur, Ametra Intégration a enregistré une croissance de 29 % sur le dernier exercice, clôturé en septembre 2024. Son chiffre d’affaires a atteint 18,6 millions d’euros. Il était de 11 millions en 2021-2022 ; les 20 millions d’euros pourraient être dépassés à l’issue de l’exercice en cours. La PME emploie 150 salariés angevins, auxquels s’ajoutent des intérimaires. Elle s’est par ailleurs diversifiée dans l’informatique, le médical et le ferroviaire.
Le cap des 120 millions de CA franchi
Avec Ametra Intégration, NSE pèserait 125 millions de chiffre d'affaires et environ 850 salariés. Un poids qui pourrait lui assurer plus facilement la confiance des donneurs d'ordre dans un secteur de l'aéronautique qui se concentre et un secteur de l'électronique qui se restructure.
Le groupe NSE possède huit sites industriels en France, employant 450 salariés, et sept filiales à l’international, animées par 250 collaborateurs. En 2024, le groupe a réalisé 103,6 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 27 % à l’international.
D’un atelier de bourg à l’ETI
Nizerolles Systèmes Électronique (pour NSE) a été créée par François Lacoste en 1983. L’entreprise employait alors cinq personnes dans la petite commune près de Vichy. Nizerolles compte moins de 300 habitants ; le groupe emploie désormais plus de 700 collaborateurs. Le fondateur a transmis son entreprise et définitivement quitté toutes fonctions (la présidence du conseil de surveillance) en 2024. Le groupe a alors restructuré son projet en s’organisant autour de deux business unit : l’interconnexion, pour concevoir des produits très techniques pour de grands opérateurs, et les services.