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Dans le Morbihan, CCI, Medef et la CPME se disent inquiets pour l’avenir
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Dans le Morbihan, CCI, Medef et la CPME se disent inquiets pour l’avenir

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L’année 2025 sera-t-elle une année économiquement morose dans le Morbihan ? Le dynamisme économique continu du département après le Covid pourrait être mis à mal par un contexte international et national incertains. La CCI, le Medef et la CPME du Morbihan s’en expliquent.

Pascal Ferrand (CPME), Philippe Rouault (CCI), Jérôme Permingeat (Medef) ont été accueillis par Yoann Lemetayer, codirigeant de Cromes à l’occasion des vœux du monde économique — Photo : Ségolène Mahias

Les précédents millésimes des vœux économiques ont été optimistes. Réunis chez Cromes (10 M€ de CA et 70 salariés), le mouliste nouvellement installé dans ses locaux de Brec’h, la CPME (430 adhérents), le Medef (350 adhérents) et la CCI du Morbihan (46 000 ressortissants), via leurs représentants, ont fait part de leur inquiétude pour l’écosystème local. "Il y a un ralentissement économique dans le Morbihan", a annoncé Philippe Rouault, président de la CCI Morbihan ; un propos relayé par Pascal Ferrand de la CPME Morbihan et dirigeant de Gedimat à Vannes : "Nous observons un ralentissement certain depuis la dissolution de l’Assemblée. Beaucoup de projets sont en stand-by. Dans certains métiers, nous assistons à une chute totale des commandes".

L’agroalimentaire garde le cap

Tous les secteurs économiques ne vivent pas la période de la même manière. Les trois représentants du monde économique attestent que "l’agroalimentaire continue de bien tirer son épingle du jeu", tandis que beaucoup de start-up sont nombreuses à mettre la clé sous la porte.

Le Medef Morbihan et son nouveau président, Jérôme Permingeat, codirigeant de Le Minor, (70 salariés et 3,9 M€ de CA) ont pu mesurer la visibilité des carnets de commandes : "Là, où il y a un an, la visibilité était d’une année, elle est passée à six mois. Idem pour le parc industriel, il est passé de 90 % d’activité à 70 %."

"Une lente glissade"

Unanimement, le représentant consulaire et ses confrères des deux organisations professionnelles pointent un cercle non vertueux qui part de l’absence de budget de l’État qui ne permet pas aux entreprises de se projeter, d’un coût important du travail en France, de contributions financières croissantes pour les entreprises mais aussi avec un contexte international chahuté. Le tout quand les conditions d’octrois des crédits se durcissent. "Actuellement, nous n’entendons plus parler d’économie dans les débats actuels. Or l’économie a besoin de confiance pour bien fonctionner." Ce climat d’incertitude conduit donc selon eux "à un sentiment de glissade sans pouvoir se raccrocher à quoi que ce soit", résument-ils.

Jusqu’alors le Morbihan a fait office de bon élève en Bretagne avec un taux de chômage parmi les plus bas et une activité économique soutenue et diversifiée. "Nous sommes passés de 55 000 emplois non pourvus, l’an passé, à 45 000 cette année", conclut Philippe Rouault.

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