Daniel Havis : La réussite au mérite

Daniel Havis : La réussite au mérite

P-dg de la Matmut, Daniel Havis a gravi rapidement tous les échelons de la mutuelle d'assurance. Un parcours au mérite pour ce Rouennais d'adoption.

Une immense tapisserie de Michel Leconte (artiste originaire de Criquebeuf), figurant une voiture de compétition, orne l'un des murs d'entrée du siège rouennais de la Matmut, alors que de l'autre côté se propose une salle d'attente aux couleurs vives et aux meubles contemporains. Art et design, deux constantes qui se retrouvent dans l'imposant building de la mutuelle et notamment dans le bureau de Daniel Havis. Le P-dg de la Matmut dégage une certaine sérénité, avec laquelle il explique calmement la place de ses passions sur son lieu de travail: «J'aime que les choses soient dans leur contexte. Ainsi, j'affectionne le design de mon bureau car il se marie fort bien avec l'architecture de l'immeuble. Je me passionne pour l'école de peinture de Rouen, l'art déco, et même si j'aime que les choses s'associent naturellement, j'estime qu'il estpossible de mélanger les genres enrespectant l'environnement». Accroché en évidence dans son bureau, un triptyque de Michel Leconte (dont l'oeuvre est présente en nombre sur les murs du siège rouennais de la mutuelle), représentant la première Porsche engagée par la Matmut aux 24heures duMans en 2005: «Et en 2007, nous avons gagné en GT2».




La passion automobile

Baigné dans l'univers automobile dès son enfance, Daniel Havis trouve en sa femme une complice à sa passion: «Elle se rendait déjà aux 24heures duMans à l'âge de deux ans». Porschiste convaincu (il en possède plusieurs), son goût pour les voitures lui vient de son père, lui-même passionné. «On ne devient pas collectionneur du jour au lendemain, cela se fait petit à petit. J'aime les voitures récentes mais aussi les plus anciennes. J'ai ainsi conservé la voiture que mon père conduisait à notre mariage en 1975». Une passion que partagent également ses trois fils et sa fille avec lesquels il prend plaisir à rouler: «C'est un bonheur de vivre cette aventure ensemble. Mais en général, je n'aime pas les plaisirs qu'on ne peut pas partager». Prudent, Daniel Havis fait peu de vitesse: «Rouler sur circuit abîme les voitures. Et puis, je ne suis pas accro à la vitesse. Je ne cours jamais contre mes fils qui ont une conduite plus sportive. Je roule en gentleman driver».




Rester fidèle aux idées fondatrices

«L'homme est au centre des préoccupations de la Matmut, c'est intangible». Pour Daniel Havis, depuis son accession à la tête de l'entreprise en 1994 comme P-dg, l'essentiel de son travail consiste à permettre aux valeurs fondatrices de la mutuelle de perdurer, soit: «Apporter de l'assurance de qualité au plus grand nombre dans un format clair et précis et donner le meilleur rapport qualité-prix». Et il peut se targuer d'avoir marqué de son empreinte l'histoire de la mutuelle rouennaise, puisqu'en quinze ans la Matmut a triplé ses fonds propres, doublé les effectifs et doublé le nombre d'assurés. «Pour cela nous avons restructuré et diversifié la gamme de produits. Mais rien de tout cela n'a de sens si ce n'est pas remis dans la perspective de départ».




Un parcours au mérite

«Je ne suis pas un cas isolé dans la maison, loin s'en faut!». De fait, nombreux sont les collaborateurs de la Matmut à réaliser leur carrière en interne; des évolutions encouragées par le mode de gestion du personnel de la mutuelle. De là à devenir P-dg de l'entreprise en quatorze ans, il y a tout de même de l'exception dans l'air. C'est en 1980 que Daniel Havis fait ses premiers pas comme employé de la mutuelle normande, après un parcours en Droit. Issu d'une famille bourgeoise de Montauban, où il naît le 31décembre 1955, Daniel Havis aurait pu se contenter de suivre le parcours familial emprunté par son grand-père, son père et son frère, tous médecins. S'il fait bien une tentative à la Fac de médecine, celle-ci n'est pas concluante: «En fait, j'étais peu en cours...». L'entrée à la Matmut se fait par hasard: «J'ai ainsi démarré comme simple employé d'assurances». Tout va alors très vite. Dès 1983, le P-dg et fondateur de la Matmut, Paul Bennetot, cherche un jeune pour aller travailler à la direction de l'Union des mutuelles de Seine-Maritime et jette son dévolu sur Daniel Havis. 1986, le directeur général prend sa retraite et Daniel Havis lui succède. En 1993, il est nommé président de la mutuelle et en 1994, il devient P-dg à 37 ans. «C'est un parcours dû à la conjonction du travail, de la chance, et de l'entente des hommes. Bien sûr, il y a aussi beaucoup de travail».