Avec 30 millions d'euros de chiffre d'affaires, un résultat d'exploitation de 4 millions d'euros et 350 salariés, l'éditeur roubaisien de logiciels pour les enseignes de distribution, Cylande, « a déjà atteint une taille critique sur son marché ». C'est ce qu'affirme son directeur général, Stéphane Escriva, avant de préciser qu'en 2016, la PME devrait afficher une croissance de son chiffre d'affaires de 7 à 8 %. Cylande fait d'ailleurs partie des trois acteurs mondiaux sur son marché « aux côtés du lyonnais Cegid, qui pèse 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, mais dont l'activité retail est équivalente à la nôtre, et de l'américain Oracle, qui pèse 10 milliards d'euros », précise le directeur général.
Et parmi ses quelque 200 enseignes clientes figurent aujourd'hui : Carrefour, Auchan, Devred, Etam, etc. À présent, l'enjeu de Cylande, qui fête ses 30 ans cette année, se traduit moins en objectif de chiffre d'affaires, qu'en capacité à pérenniser son activité sur un marché en évolution. « Les enseignes de la distribution sont en pleine mutation et nous devons investir pour accompagner ces changements. » Et les deux principales mutations citées par le directeur général sont d'une part l'internationalisation de ses clients et de l'autre, leur intégration du digital, de l'omnicanal et même de la robotique.
Accélérer à l'international
Face à des clients qui se mondialisent, Cylande se développe elle aussi à l'international. La PME possède déjà plusieurs filiales à l'étranger : en Chine depuis 2006, à Porto depuis 2007, en Pologne depuis 2010 et à Abidjan depuis 2015. Cylande est aujourd'hui à l'affût d'opportunités de croissance externe pour compléter son maillage mondial. « Le contexte géopolitique nous a empêché de nous développer en Russie, mais nous y voyons tout de même un vrai potentiel à terme. On regarde également vers l'Afrique du Sud, sachant qu'il s'écoule en général 18 mois entre le moment où on observe et celui où on s'installe. Mais le Graal, pour nous, ce serait les États-Unis », détaille Stéphane Escriva, avec un enthousiasme non feint. Il tempère toutefois : « Les États-Unis nécessitent de gros investissements car c'est un pays à l'échelle d'un continent. Notre concurrent Cegid a tenté l'aventure et il y perd de l'argent... ».
Côté financement, Cylande a les capacités d'investir quand les occasions se présentent, grâce à la présence à son capital de Bpifrance ainsi que d'Anaxis Capital. Trois investisseurs privés restent toutefois majoritaires , dont Jean-Pierre Paugam, le président fondateur de Cylande et Stéphane Escriva. Et si Cylande a d'abord suivi ses clients français à l'international, cela lui a permis de gagner ensuite des clients autochtones : « Nous facturons aujourd'hui 25 % de notre chiffre d'affaires auprès d'entités étrangères », indique le directeur général.
Les évolutions technologiques
« Même si le consommateur le constate peu, le monde de la distribution est très évolutif », souligne Stéphane Escriva. Et cette évolution est technologique, partagée entre le digital, avec les objets connectés notamment, l'omnicanal et la robotique. Face à ce constat, Cylande investit chaque année près de 20 % de son chiffre d'affaires dans la R&D, soit quelque 6 millions d'euros, afin de développer de nouveaux logiciels ou d'améliorer les existants. La PME roubaisienne a d'ailleurs
accompagné une boutique de la galerie du centre commercial Auchan Roncq dans le lancement, mi mai, d'un nouveau concept de magasin. Celui-ci intègre la présence d'un robot humanoïde, nommé Nao et « destiné à enchanter le parcours de vente », commente le directeur général. Le robot est par exemple capable de reconnaître un client, de le saluer, de scanner des articles et de les ajouter dans son panier avant de l'envoyer à une tablette vendeur pour l'encaissement.