Croisières : Un potentiel à exploiter pour rester leader
# Conjoncture

Croisières : Un potentiel à exploiter pour rester leader

Et la lumière fut! Avec la venue du Seatrade Med à Cannes, du 30novembre au 2décembre dernier, les projecteurs du monde des croisiéristes se sont braqués sur la Côte d'Azur. Organisé par le French Riviera Cruise Club (FRCC), pour un budget global de 400k€, le salon a accueilli 160 exposants, représentant toute la chaîne du marché de la croisière, 4.000 visiteurs professionnels, allant des compagnies aux acheteurs, en passant par les responsables ports, destinations et itinéraires, bref, la crème de la crème des acteurs du secteur. Plus que les retombées économiques qui correspondent somme toute à un congrès professionnel comme il y en a d'autres à Cannes, ce sont les retombées en terme d'image qu'il tient à souligner. «Le Seatrade va nous faire gagner sans nul doute quelques années de promotion» se réjouit Rudy Salles, délégué au tourisme de la ville de Nice. La présence de 70 journalistes internationaux, et surtout, la venue des décideurs du secteur, a transformé cette manifestation en une opération communication sans précédent et gratuite pour notre destination. Il ne tient plus qu'à capitaliser sur cet événement.




Une industrie en plein essor

Le potentiel de la croisière «fait rêver le professionnel du tourisme que je suis» sourit Michel Chevillon, président du syndicat des hôteliers de Cannes. L'industrie de la croisière est en effet en pleine effervescence. 13,4millions de passagers dans le monde en 2009, 14,3millions prévus en 2010, un taux d'occupation des bateaux de 104,4% et une moyenne de durée des séjours de 7,2 jours. Soit un impact de 32,2milliards d'euros rien que pour l'Europe.




Concurrence ou complémentarité régionale?

En France, la Côte d'Azur reste leader en nombre de passagers en escale. En 2010, ce sont près de 750.000 passagers qui sont descendus sur nos rivages. Une augmentation de 50% en 5 ans. Bien qu'ils ne restent que quelques heures sur le territoire, ils dépensent en moyenne 90 €. Une clientèle qui pour moitié découvre la Côte d'Azur pour la première fois et qu'il faut convaincre de revenir... Mais la concurrence est farouche. Mondiale, avec des destinations qui se développent un peu partout autour du globe, elle est aussi européenne et régionale. Marseille et Toulon se positionnent de plus en plus sur ce marché, via la reconversion des quais industriels pour la première, militaires pour la seconde. Des équipements qui leur permettent d'accueillir des gros-porteurs en tête de ligne, contrairement à la Côte d'Azur. Interpellé sur ce sujet, Rudy Salles rétorque: «Les quais, nous ne pouvons pas les faire ici, nos côtes ne nous le permettent pas et ce serait tuer la poule aux oeufs d'or». Les acteurs azuréens misent donc sur la complémentarité des destinations. «Des quais à Marseille, des escales sur la Côte d'Azur» complète l'élu. «Capitalisons sur nos atouts. Améliorons notre savoir-faire pour garder notre part du gâteau», reprend Michel Chevillon. Sont visées la qualité de l'accueil et une image de marque à rajeunir. «Notre stratégie, c'est d'étendre l'activité en hiver et d'étaler géographiquement les escales.» Jusque-là, ça paie. Pour combien de temps encore?

# Conjoncture