Le 30 mai, onze bateaux de croisières déverseront leur flot de passagers sur les rivages maralpins. Un challenge pour le territoire qui veut y voir là le signe d’une attractivité qui perdure, alors que la fréquentation ne cesse de s’éroder depuis 2009, année record durant laquelle les ports azuréens avaient accueilli plus de 700.000 croisiéristes. « Le jeu des reprogrammations des bateaux, qui nous était défavorable ces derniers temps, tourne cette année à notre avantage », explique le directeur des ports de la CCI Nice Côte d’Azur Franck Dosne, qui annonce « 600.000 passagers en 2016, 640.000 en 2017 ».
Une "seller destination"
En atteste le retour à Villefranche de la compagnie Pullmantur, partie deux ans durant sur Toulon, qui réintègre donc dans son programme l’escale French Riviera. Une "seller destination", selon le directeur des ports. Comprenez une destination incontournable qui fait à elle-seule vendre la croisière. Une chance pour un territoire handicapé par l’absence d’infrastructures permettant l’accueil à quai des gros porteurs, alors que ses voisins s’équipent à tour de bras et que la concurrence se multiplie. Le nombre de destinations portuaires à s’ouvrir à la croisière en méditerranée occidentale aurait ainsi doublé en une décennie.
Un marché juteux
Il faut dire que le marché est particulièrement juteux. Avec 24 millions de passagers attendus en 2016 (+3%), les retombées économiques globales se chiffrent à 39,4 milliards d'euros. Dans les Alpes-Maritimes, les 550.000 croisiéristes accueillis en 2015 ont généré quelque 40 millions d'euros de dépenses. De plus, la croisière constitue un formidable produit d’appel touristique : 50% des passagers ont ainsi découvert la Côte d’Azur pour la première fois, et 86% d’entre eux déclarent vouloir y revenir par leurs propres moyens.
Se différencier
D’où l’impérieuse nécessité de maintenir ses parts de marché en créant de nouvelles propositions de valeur. « Il s’agit d’être innovant », confirme le co-président du French Riviera Cruise Club Michel Chevillon. Et cela passe par le développement de produits et services différenciant, à l’instar des escales thématiques visant à promouvoir ses trésors cachés, histoire de « générer une expérience réussie pour les croisiéristes ». La priorité des priorités. Toutefois, si le territoire privilégie un positionnement haut de gamme, qui consiste à cibler les navires premium pouvant accoster dans ses ports, la tendance aux très gros porteurs risque, demain, de le fragiliser. Et Franck Dosne de conclure : « La Côte d’Azur va devoir s’organiser pour devenir plus élastique et réinventer une chaîne logistique capable de les accueillir ». A suivre, donc.