Après Cannes en 2010, Marseille en 2012, Nice accueillera-t-elle le Seatrade Med en 2014 ? C'est le souhait de la capitale azuréenne, porté par Dominique Estève-Bazzini lors du dernier Cruise Shipping de Miami. Organisé tous les deux ans, le Seatrade Med réunit durant quatre jours toute la chaîne du marché de la croisière, des compagnies aux acheteurs en passant par les responsables ports, destinations et itinéraires. Bref, une visibilité exceptionnelle pour la destination qui l'obtient. Et Nice, qui recevra les organisateurs de l'événement le 22 avril prochain, compte bien en bénéficier. Encore faut-il distancer trois destinations concurrentes, encore inconnues à ce jour, même si la rumeur voit en Istanbul la figure de favori.
Une industrie en plein essor
Il est vrai que le potentiel de la croisière à de quoi faire rêver. L'industrie, en croissance continue depuis 30 ans, est en pleine effervescence. 20,61 millions de passagers dans le monde en 2011, 21 millions en 2013, et des prévisions qui atteignent des sommets avec la prochaine montée en puissance de la clientèle asiatique qui, si elle ne représente aujourd'hui que 3 % des parts de marché, devrait atteindre les 25 % à l'horizon 2023. En France, la Côte d'Azur reste leader en nombre de passagers en escale. En 2012, ce sont plus de 700.000 croisiéristes qui sont descendus sur nos rivages, générant 40 millions d'euros de dépenses sur le département. Une clientèle qui pour moitié découvre la Côte d'Azur pour la première fois et qu'il faut convaincre de revenir...
Concurrence accrue
Mais la concurrence est farouche. Mondiale, avec des destinations qui se développent un peu partout autour du globe. Européenne, avec notamment une montée en gamme de l'Europe du Nord qui challenge la Méditerranée en été. Et régionale : Marseille et Toulon se renforcent, via la reconversion des quais industriels pour la première, militaires pour la seconde. Ainsi, la Cité Phocéenne prévoit d'accueillir 1,1 million de passagers en 2013. Quant à Toulon, la destination bénéficie d'une croissance exponentielle, passant en six ans de 25.000 à 325.000 croisiéristes. Ajaccio et Bastia se dotent de nouveaux quais. Et en Italie, Civitavecchia annonce 900 millions d'investissement au profit des têtes de ligne. Autant d'équipements qui leur permettent d'accueillir des gros porteurs à quai, contrairement à la Côte d'Azur qui, faute d'infrastructures adaptées, ne peut accueillir les bateaux de plus de 200 m de long. Un handicap qui pénalise la destination azuréenne, dont les conséquences se mesurent en pièces sonnantes et trébuchantes. Le passager de tête de ligne dépensant en moyenne 119 euros, contre 30 euros pour le passager en transit. Aussi, les acteurs azuréens jouent-ils les équilibristes, en privilégiant les têtes de ligne partielles, en multipliant les escales, et en jouant sur l'offre haut de gamme : navires plus petits mais pouvoir d'achat plus élevé. Il n'en reste pas moins que la Côte d'Azur perd peu à peu du terrain. Elle devrait accueillir en 2013 685.000 passagers.
Tourisme Nice se positionne pour l'organisation du Seatrade Med 2014, qui permettrait à la destination Côte d'Azur de se renforcer sur un marché très concurrentiel.