Nice
Croisière : Comment la Côte d'Azur entend-elle rester à flot ?
Nice # Conjoncture

Croisière : Comment la Côte d'Azur entend-elle rester à flot ?

Les professionnels azuréens de la croisière se relèvent les manches pour maintenir des parts de marché en perte de vitesse depuis maintenant six ans.

Sur la Côte d'Azur, la croisière ne s'amuse décidément plus. Depuis 2009, année record durant laquelle les ports azuréens avaient accueilli plus de 700.000 croisiéristes, la fréquentation n'a cessé de s'éroder pour s'établir en 2014 à 588.830 passagers. Et la saison qui s'annonce s'inscrit sur une nouvelle tendance baissière (-6 %), avec des prévisions contrastées selon les ports : encourageantes pour Cannes (+33 %) et Antibes (+28 %), préoccupantes pour Nice (-25 %) et Villefranche (-36 %). Quant au port de Golfe-Juan, ouvert aux escales depuis 2010, il est tout simplement sorti des radars signant là l'échec d'une stratégie qui visait à multiplier les escales pour diversifier l'offre. Alors, comment enrayer la chute du marché azuréen, alors que le secteur, au niveau mondial, poursuit sa croissance (+4 %) ?




Contexte concurrentiel

« D'abord, ne soyons pas fébriles face à ces données, conseille Franck Dosne, directeur des cinq ports gérés par la CCI NCA. Ces prévisions ne sont pas seulement dues à un déficit d'infrastructures qui handicape nos destinations sur le segment tête de ligne, mais aussi aux traditionnels jeux de programmations et de déprogrammations des compagnies ». De même, « elles s'inscrivent dans un contexte de forte concurrence avec de nouvelles destinations qui émergent, notamment en Asie, et impactent la fréquentation du bassin méditerranéen dans son ensemble qui a perdu 6,5 % de passagers entre 2013 et 2014. » D'où l'objectif affiché du French Riviera Cruise Club (FRCC), bras armé du secteur, de maintenir ses parts de marché en créant de nouvelles propositions de valeur... histoire de préserver l'attractivité de la Côte d'Azur, dont le positionnement haut de gamme consiste à cibler les navires luxe et premium, et de maximiser les retombées économiques estimées à 40 M€ par an.




Fidéliser les compagnies
Concernant l'attractivité, le tarif des redevances 2015 a ainsi été réduit de 20 % pour fidéliser les compagnies sur le long terme et donner au territoire une meilleure visibilité. Cette mesure tarifaire agressive vise à répondre aux exigences financières des compagnies à la recherche d'une rentabilité mise à mal depuis la crise. À cet égard, « l'offre excursion proposée sur les bateaux a été renouvelée avec des produits à plus forte valeur ajoutée en chiffre d'affaires pour permettre aux compagnies de générer de nouvelles sources de rentabilité », explique Anne-Sophie Peyran, responsable marketing à la direction des ports, en charge de l'animation du FRCC. En outre, les actions de promotion de la Côte d'Azur auprès des distributeurs ont été renforcées, notamment auprès des agences de voyage asiatiques qui constitueront dans les années à venir un formidable gisement de croisiéristes.




Maximiser les retombées
Concernant les retombées économiques, le défi consiste à faire descendre les croisiéristes des bateaux pour qu'ils consomment local. Kits touristiques, signalétiques dédiées, plans pédestres, applications smartphone : autant d'outils permettant aux passagers de s'informer en amont sur les villes d'escales et de découvrir les trésors alentours. « Il s'agit d'anticiper pour capter les 65 % de croisiéristes qui visitent les escales par leur propre moyen ». Les commerçants concernés se mettent également au diapason avec des promotions ciblées et des animations délivrées lors des escales de très gros porteurs. Quant à l'équipage des bateaux, il n'est pas oublié et dispose de produits dédiés. « Ce sont des prescripteurs que nous devons transformer en ambassadeurs », insiste Anne-Sophie Peyran. Enfin, le FRCC travaille sur les croisiéristes qui embarquent en tête de ligne à Savone (Italie) ou Marseille mais atterrissent à l'aéroport de Nice avec des produits pré et post-croisière... afin de profiter de l'attractivité de la Cité Phocéenne, cinquième port méditerranéen avec plus de 1,3 million de passagers en 2014 qui, lui, continue de gagner des parts de marché.

Nice # Conjoncture