«Il y a apparemment une volonté d'apaisement de part et d'autre, mais le marché reste le même qu'au début des manifestations», notait Bertrand Posté, délégué régional de la Fédération nationale des industries laitières (Fnil), à la veille de la première réunion de l'interprofession depuis le début de la crise.
«Revenu des producteurs avant les dividendes»
Après l'euphorie de 2007 et des cours tirés à la hausse par les marchés chinois et indiens, notamment, le secteur est affecté par une surproduction mondiale et une baisse de la consommation liée à la crise internationale. Résultat: Bel a annoncé un résultat net part de groupe divisé par deux pour l'an dernier, le titre Bongrain plonge de plus de 15% depuis le début de l'année, Danone, pourtant positionné sur des marchés à forte valeur ajoutée, affiche des ambitions modestes. Face à la réalité du marché, le Premier ministre François Fillon déclarait fin mai qu'il «n'acceptera pas que les producteurs de lait soient condamnés à produire à perte». Le patron de la toute puissante FNSEA - le Rennais Jean-Michel Lemétayer - affirmait pour sa part qu'il «est plus important de prendre en compte le revenu des producteurs qui fournissent leur matière première aux industrielsque de penser aux dividendes à servir aux actionnaires.»
Pris entre les feux croisés des pouvoirs publics, des éleveurs et des distributeurs, les industriels et coopératives du secteur laitier vivent un temps de chien.