Crise du lait : Industriels et GMS sur le banc des accusés
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Crise du lait : Industriels et GMS sur le banc des accusés

En juin, la colère des producteurs de lait s'est exprimée dans les rayons des grandes surfaces. Ils ont dénoncé les marges des transformateurs et des distributeurs. Ces derniers s'en défendent.

Le conflit aura duré un mois. Mais rien ne semble vraiment terminé. Les actions des paysans pourraient se poursuivre dans les semaines à venir et à la rentrée. En colère, les producteurs de lait le sont. En cause, leur rémunération à la baisse qui met en péril leur trésorerie. Et ce n'est pas l'accord signé le 4juin avec les industriels, sur la base de 280 € les 1.000 litres, qui a calmé leur courroux. En 2008, la moyenne se situait à 350 € les 1.000 litres. «L'accord est une base de travail. Il a été signé par deux parties, il en manque une. La clé est chez les distributeurs, pense Jean-Paul Charrié, député du Loiret et président de la Commission d'examen des pratiques commerciales. Il est urgent de restaurer l'intérêt général dans les relations fournisseurs-distributeurs. Michel-Edouard Leclerc est très fort pour allumer un incendie. Les producteurs ont fait des efforts importants de modernisation et n'en ont pas profité, les consommateurs non plus.» Pour la FNSEA et les agriculteurs non syndiqués les responsables sont identifiés: la grande distribution et, à un degré moindre, les industriels. «La grande distribution est le bouc émissaire dans cette crise du lait. C'est un mensonge de dire qu'elle se gave sur les producteurs laitiers», dénonce Yves Petitpas, président de Système U Ouest. Système U indique que sur ce litre payé 0,21 € aux producteurs, sa centrale d'achat l'achète 0,42 € aux transformateurs pour un prix de vente en magasin de 0,55 €. Dans cette bataille de chiffres, les racines du mal sont connues: une surproduction, liée à la libéralisation progressive, la crise économique et la baisse de la consommation. Deuxième exportateur laitier au monde, la France, et sa principale région productrice, la Bretagne, demeurent donc particulièrement soumis à la volatilité des marchés sur des produits peu rémunérateurs comme la poudre de lait ou l'emmental. «On ne gère pas l'agriculture comme l'industrie. On a besoin d'outils de régulation», avance Jean-Bernard Solliec, DG de Coopagri Bretagne. La disparition totale des quotas est théoriquement programmée en 2015... La crise agricole n'a pas fini de revenir sur le devant de la scène.

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