Les pancartes ont été déployées devant la coopérative. Les élus et médias locaux ont été interpellés. Un message a été rédigé sur le site internet. Les représentants de Palmagri (2 M€ de chiffre d’affaires / 14 salariés / 16 producteurs) sont inquiets pour l’avenir de leur coopérative, et veulent le faire savoir. La raison de leur inquiétude : l’arrêt de la production pendant 5 mois, de fin avril à fin septembre. « Nous serons contraint de fermer notre outil industriel faute d’approvisionnement, explique, Christine Saphore, présidente. Car le gouvernement a décidé un vide sanitaire de 4 mois dans les exploitations du Sud-Ouest pour éviter la propagation de la grippe aviaire ». Une décision que les représentants de Palmagri jugent injuste. « Alors que seulement 70 exploitations sont touchées, 5.900 seront impactées par la décision du gouvernement, déclare Julien Peyrole, directeur. Chez Palmagri, nous regroupons seize exploitations, dont aucune n’a été touchée par la grippe aviaire. Et nous sommes très loin du modèle industriel qui pourrait justifier les mesures gouvernementales. Notre coopérative ne reçoit que des canards, et chaque exploitation élève seulement 150 à 200 canards ».
Quid de la répartition de l’aide financière ?
« Il existe trois types de producteurs dans notre filière : les industriels, les indépendants et les petites coopératives comme Palmagri. Il faut que les mesures gouvernementales soient adaptées à chacun des modèles », revendique Jean-Luc Tauzin, vice-président. Les représentants de Palmagri ont déjà plaidé leur cause auprès de nombreux services de l’Etat : sous-préfecture, DDPP (Direction départementale de la protection des populations), DDTM (Direction départementales des territoires et de la mer), Direccte… Malgré le soutien d’élus locaux et de la Chambre d’agriculture, c’est encore l’inquiétude qui prédomine. « Nous nous acheminons vers le chômage technique pour nos quatorze salariés, déclare Julien Peyrole. L’urgence est de savoir comment les 130 millions d’aides qu’a promis le gouvernement seront répartis ». Et Christine Saphore d’ajouter : « Sans une aide importante nous ne pourrons pas passer ces 5 mois ».
La coopérative agricole spécialisée dans le canard gras devra cesser son activité durant 5 mois suite aux décisions gouvernementales de lutte contre la grippe aviaire. Les dirigeants se disent victimes d’une injustice et craignent pour l’avenir de leurs exploitations.