Le Nord n'est pas uniquement le berceau de la distribution et de la vente à distance. Il concentre également une bonne partie des leaders français du crédit à la consommation. Discret, ce secteur connaît pourtant des mutations stratégiques notamment avec la loi Lagarde, véritable réforme du secteur et de la lutte contre le surendettement.
Timide sortie de crise
Outre ces changements, les entreprises lilloises sortent aussi d'une crise financière. Le point bas avait notamment été atteint au deuxième trimestre 2009, avec une chute vertigineuse de 18,5% de production de crédits à la conso. Après deux années de baisse très importante (-2,4% en 2008 et -13,3% en 2009), le crédit à la consommation a cependant enregistré en 2010 une hausse «modérée» (+2,1%), selon l'étude conjoncturelle de Sofinco. Basée sur les données annuelles de l'Association française des sociétés financières (ASF), cette référence évoque un «sursaut timide». Autre fait notoire au niveau conjoncturel, le niveau de production globale de crédits de 2010 (38,8Md€) est sensiblement le même qu'il y a dix ans (38,9 Md€), en euros constants. Signe que le marché est atone. Au cours de la dernière décennie, c'est le crédit renouvelable qui a le plus trinqué.
Changements qui consolident
Concernant le leader de la vente à distance de crédit à la consommation, Cofidis (Villeneuve-d'Ascq), le rachat du Crédit Mutuel lui a permis de reconsolider ses positions financières fragilisées et de limiter la casse. Après avoir connu une baisse en 2009, l'acteur de la Haute-Borne a enregistré «une année stable en 2010 concernant les encours et une légère baisse des financements», indique Gilles Sauret, directeur général de Cofidis France. Et d'ajouter: «Nous avions enregistré 4,6Md€ d'encours et 1,7Md€ de financement en 2009 concernant Cofidis France. Pendant cette période nous avons gardé environ le même nombre de clients (11,5millions, NDLR).» À La Madeleine, l'enseigne Finaref est, quant à elle, devenue Crédit Agricole Consumer Finance, après son rapprochement avec Sofinco... Alors que les rapprochements vont donc bon train, le groupe Auchan n'est pas prêt de lâcher Oney Banque Accord. La structure compte 6,4millions de clients dans dix pays dont quatre millions en France, donc pas question de changement. «Elle a sa place à 100% dans le groupe et son développement à l'international», martèle Xavier de Mézerac, directeur financier d'Auchan. En 2010, Banque Accord a «bien redressé ses résultats», précise-t-il. L'octroi de crédit «plus sévère» a permis de minimiser le risque notamment en Espagne. Malgré une baisse de revenus (-6,4%), le produit net bancaire, lui, augmente de 2,1% à 372M€. Au cours de l'année, la banque de la famille Mulliez a développé de nouveaux partenariats et a acquis 100% d'AccordFin en Espagne, jusqu'alors détenu à 51%.
Et à l'avenir?
Car, malgré tout, «le potentiel de développement en France reste important à moyen terme» selon Sofinco. Ainsi, «si le consommateur français avait un recours au crédit conso identique à celui de son voisin allemand, la progression du crédit à la consommation en France serait de+28%». Misant sur sa fameuse «excellence» en terme de relation client, Cofidis devrait réembaucher 80 personnes en 2011, signe d'une reprise. «Le marché va continuer à s'assainir avec cette mutation. Il ne restera que les acteurs sérieux et responsables», conclut Gilles Sauret de Cofidis.
Le Nord concentre des grands acteurs de la filière. Comment ont-ils traversé la crise ? Comment appréhendent-ils la mutation du secteur ? Tour d'horizon.