Créer, reprendre, mais aussi développer ! Les Bretons aiment l'entrepreneuriat et le prouvent. Ces dernières années, la création d'entreprise, par exemple, a le vent en poupe dans la région, suivant la tendance nationale. Les années 2000 à 2008 ont vu une lente montée du nombre de création, avant d'amorcer une forte poussée jusqu'en 2010 (+ 80,3 % entre 2008 et 2010 !), le pic en la matière. Autoentrepreneuriat oblige, même si ce régime a connu une baisse de 15,6 % entre 2009 et 2012, en Bretagne, selon les chiffres de l'APCE.
Stabilité ambiante
Depuis trois ans, l'euphorie retombe un peu (- 12,9 % entre 2010 et 2012). L'heure est aujourd'hui à la stabilité (- 1, % entre 2011 et 2012), voire même à la baisse. Attention aussi aux radiations d'entreprises, qui gagnent du terrain : + 5,4 % l'année dernière en Bretagne. Mais le solde net est souvent positif aux dires de territoires dynamiques, comme Saint-Malo.
Et 2013 ?
Sur la période de janvier à août 2013, la Bretagne enregistre une baisse de la création d'entreprise de 3,1 % par rapport à la même période en 2012 (12.740 contre 13.149). C'est la tendance générale en France avec une moyenne nationale à - 4 %. Seules quelques régions tirent leur épingle du jeu : Franche-Comté (+ 7,4 %), Alsace (+ 1,9 %) et Aquitaine (+ 0,7 %). Midi-Pyrénées accuse une baisse de près de 9 % ! Les Bretons aiment l'entrepreneuriat et « il faut continuer à leur donner envie d'entreprendre », selon Jakez Bernard, président de Produit en Bretagne et parrain des 16e JRCE. « Il faut impérativement trouver des repreneurs et des successeurs, pour préparer le renouveau et l'avenir de l'économie bretonne. » Tout faire aussi pour « accompagner et faciliter l'installation de jeunes créateurs et de repreneurs en Bretagne ».
Maintenir les PME familiales Pour éviter des rachats d'entreprises bretonnes par des groupes extérieurs avec le danger de voir disparaître le patrimoine économique, le réseau Produit en Bretagne a d'ailleurs organisé une sorte de bourse interne confidentielle. « Galapagos a racheté Traou Mad dans ce cadre, pour que les centres de décision restent en Bretagne », explique Jakez Bernard. « Henaff n'a aucune raison de rester à Pouldreuzic. La logique voudrait qu'elle soit entre Laval et Le Mans, mais voilà une entreprise familiale qui trouve des solutions pour maintenir ses 260 emplois sur place. »
« L'entreprise n'est pas caca ! »
Pour inciter à l'entrepreneuriat, reste aussi à convaincre les entrepreneurs qui s'ignorent, et ce dès le plus jeune âge notamment à l'école. « Non, l'entreprise ce n'est pas caca ! », répète volontiers Jakez Bernard quitte à choquer. Il a ainsi déjà eu l'occasion de le dire au recteur d'académie, considérant que les deux mondes ne se frottent pas assez. « Certaines écoles ont compris l'enjeu », tempère Stéphane Charpentier, président du Club des créateurs et repreneurs d'entreprises (CCRE) d'Ille-et-Vilaine. Et oui, « il y a un certain nombre de contraintes à être chef d'entreprise, mais on y prend un grand plaisir », ajoute Benoît Cabanis, vice-président de la CCI de Rennes et président des JRCE qui se tiennent ce mois-ci. Il insiste d'ailleurs sur le rôle fondamental des réseaux, autre clé pour bien entreprendre.
Géry Bertrande
Les 16e Journées régionales de la création-reprise (JRCE) se profilent à Rennes, les 10 et 11 octobre. L'occasion de faire le point sur les derniers chiffres clés en région...