Philippe Bedos et Céline Damez auraient pu opter pour une SA mais ces deux docteurs en chimie ont choisi la société par actions simplifiées (SAS) pour fonder Syntivia, spécialisée dans le développement de molécules actives pour l'industrie cosmétique. Les molécules actives sont une des trois composantes des produits cosmétiques, avec les excipients et les additifs.
«Formater l'entreprise à notre image»
L'activité de Syntivia, installée sur le Pôle Santé du Grand Toulouse, repose sur des recherches menées en partenariat avec l'équipe "Produits Naturels" du Laboratoire de synthèse et physico-chimie de molécules d'intérêt Biologique de l'Université Paul Sabatier de Toulouse (UMR5068-CNRS). Ces recherches ont conduit à la découverte de molécules issues de la chimie du bois et de ses composés et s'appliquent aux problématiques liées au vieillissement de la peau. «C'est un marché très soutenu par la demande marketing», souligne Philippe Bedos. Le secteur est de longue date internationalisé avec des acteurs finaux de tout premier plan. Ex-cadre d'une entreprise travaillant dans le même secteur, ce docteur en chimie des bio-molécules et son associée décident de voler de leurs propres ailes à la suite du licenciement du premier. Ils sont accompagnés deux ans durant par l'incubateur de l'université Paul Sabatier. Se pose rapidement la question de la forme juridique de la structure. «Le choix n'a pas été dicté par le montant du capital social puisque nous sommes proches de ce qui est exigé pour une SA. Mais le premier critère a été la liberté de pouvoir formater l'entreprise à notre image. Nous voulions une grande souplesse et des statuts raisonnablement protecteurs pour les fondateurs», explique Philippe Bedos. Il s'agit là de la deuxième raison du choix d'une SAS. «Nous allons très probablement aller vers une levée de fonds. La SARL ne correspond pas à l'attente des investisseurs à ce niveau. Nous nous sommes donc mis d'emblée en position de négocier avec des sociétés de capital-risque ou des business angels.»
Rédaction soignée des statuts
Outil «sur mesure» qui permet, entre autres, de ne pas recourir d'emblée à un commissaire aux comptes ou à la constitution de structures internes lourdes comme des comités stratégiques ou un conseil de surveillance, la SAS nécessite une rédaction soignée des statuts. «L'erreur serait d'aller chercher sur internet des statuts types. Seuls des avocats spécialisés peuvent apporter des réponses aux questions qui se posent. Nous nous sommes appuyés sur un cabinet d'avocats avec à la clef un document de 40 pages», prévient Philippe Bedos. Deux ans après sa création, Syntivia est en phase de développement produits. L'accent est mis sur la R & D et le dépôt de brevets. «Nous générons un Crédit-Impôt-Recherche important», souligne Philippe Bedos. La société est déjà en contact avec des partenaires à forte notoriété pour le lancement de la phase commerciale.
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