Lorsque Léonce-Michel Deprez, président de la CRCI, prend le temps d'évoquer son activité d'imprimeur, il en profite pour tordre le cou aux idées reçues et regarder de l'avant.
Comment votre entreprise fait-elle face à la crise aujourd'hui?
Cela pourrait aller plus mal. Surtout en considérant les problèmes inhérents à notre industrie. La consommation de papier est en décroissance constante depuis 2004. Et elle s'est effondrée de 10% en 2009. Cela est lié à la dématérialisation accélérée des documents, mais aussi à une vaste campagne de désinformation. Il faut cesser de croire que consommer du papier, c'est mauvais pour la planète. Au contraire! Nous soutenons une filière qui a tout intérêt à préserver les ressources en bois. Donc les forêts. Par ailleurs, le papier est entièrement biodégradable. Peut-on en dire autant d'un circuit électronique?
Comment expliquez-vous votre engagement dans le développement durable?
En l'espace d'une vingtaine d'années, le secteur de l'imprimerie a consenti à des efforts considérables pour appliquer une réglementation toujours plus contraignante, ainsi que pour se débarrasser de son étiquette d'industrie polluante. Il nous faut aller au bout de cette démarche pour être irréprochable en la matière. Encore faudrait-il que tous, nous ayons en tête cette préoccupation qui nécessite un investissement considérable, en même temps qu'un changement de mentalités. Je pense évidemment à la concurrence, mais aussi plus globalement aux ménages, qui sont de loin les plus pollueurs de tous.