Pour Joseph Perez, vice-président de l'Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13), la situation économique locale était, au 1er trimestre 2010, «HHD». «Hésitante, hétérogène et décalée, énumère le responsable patronal. Hésitante, car les mouvements sont lents et contrariés, sans direction affirmée. Hétérogène, car si certains secteurs repartent heureusement à la hausse, d'autres sont en régression. Et décalée, car nous nous rendons compte que nous n'enregistrons pas les mêmes phénomènes qu'aux niveaux national et international. En effet, notre tissu local est constitué majoritairement de TPE, qui ont aujourd'hui beaucoup de mal à reconstituer leur chiffre d'affaires». Parmi les secteurs qui souffrent toujours le plus de la crise, il faut notamment compter la mode et l'habillement. Mais aussi le BTP, une filière locale en proie à un cruel manque de visibilité, qui, «même si le gros semble derrière nous, devrait enregistrer de nouvelles défaillances», prévoit Louis Aloccio, vice-président de la CCI Marseille-Provence. En revanche, certains secteurs, comme la banque et la finance, ont à nouveau les voyants au vert. «Ces signes de redressement peuvent impacter positivement le fonctionnement des entreprises», estime Joseph Perez.
Emploi: l'inquiétude
Dans ce paysage troublé, la première victime reste l'emploi. Ainsi, entre février2009 et février2010, le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 12,7% dans les Bouches-du-Rhône. Fin 2009, le taux de chômage avait quant à lui gagné 1,8 point par rapport au 4e trimestre 2008. «Nous sommes en décalage fort avec les conjonctures et les mesures nationales», déplore Joseph Perez.
«Hésitante, hétérogène et décalée»: voilà comment les représentants du monde économique local ont décrit, le mois dernier, la situation conjoncturelle du département pour le 1er trimestre 2010. Explications.