Au national, comme au local, le constat est le même. On ressent un net essoufflement de la reprise enregistrée lors du premier trimestre 2011, «et notamment à l'international jusqu'alors locomotive de l'économie départementale». Un bien mauvais présage dans le contexte actuel? Bernard kleynhoff, président de la CCI Nice Côte d'Azur qui orchestre le bilan conjoncturel azuréen, tempère aussitôt: «Les indicateurs sont globalement bons, les chefs d'entreprise ont encore le moral, la tendance est positive mais fragile.» Et de préciser pour les plus pessimistes que «cette crise financière qui inquiète tant ne concerne pas l'économie.»
Heureux qui comme Mane, Robertet et consorts...
Certes, à première vue, les clignotants restent au vert. Le chiffre d'affaires enregistré lors des six premiers mois de l'année par les entreprises azuréennes, tout secteur confondu, s'apprécie de deux points, l'export de 4 points et l'emploi de 0,5 point. Dans le détail, pourtant, la situation est bien plus contrastée. Il y a ceux qui résistent et continuent d'évoluer sur une courbe haussière: l'industrie des sciences du vivant, le segment arômes et parfums en tête. Le secteur affiche des facturations en hausse de 8%. Si le rythme de croissance ralentit par rapport au premier trimestre 2011, les exportations représentent encore plus de la moitié de l'activité, et l'emploi progresse de 3 points. Bref, la croissance en pays grassois devrait selon toute vraisemblance se poursuivre au second semestre.
Les grandes entreprises des TIC souffrent
À l'opposé, la branche électronique n'en finit plus de tousser, les technologies de l'information et de la communication de s'essouffler, soumises aux aléas internationaux. Chiffre d'affaires en berne de 4 points, dégradation des résultats, export déprécié de 11%: la faute «à un petit nombre de grandes entreprises» qui souffrent et se replient. L'emploi n'est pas encore atteint, «les effectifs restent stables», mais demain... La technopole sophipolitaine risque de connaître un nouveau creux. Pour preuve, l'annonce en juin dernier par ST-Ericsson, leader européen des semi-conducteurs, d'un plan de départs volontaires de 500 salariés dans le monde, dont une centaine de suppressions d'emplois en France réparties sur les sites de Rennes, LeMans et Sophia Antipolis. Entre ces deux extrêmes, le bâtiment maintient ses volumes en terme de rénovation et d'entretien, mais peine sur la construction de logements neufs. Le commerce enregistre une très légère hausse, soutenue par le «gros» qui représente le tiers du chiffre d'affaires. Seul le tourisme tire clairement son épingle du jeu avec un retour de la clientèle étrangère, qui montre qu'en terme d'attractivité, le territoire azuréen reprend des couleurs. C'est déjà ça.
Bilan Point d'étape conjoncturel contrasté à la CCI Nice Côte d'Azur où l'on refuse de céder au pessimisme malgré un repli général des affaires au 2e trimestre 2011.