Malgré des résultats plutôt préoccupants concernant les perspectives pour 2009, le président de la CCIT, Claude Terrazoni, reste optimiste. S'appuyant sur le frémissement de reprise ressenti ces dernières semaines dans le secteur de l'immobilier, sur les réserves engrangées par les entreprises grâce aux bons résultats des années précédentes et sur les effets positifs attendus des plans de relance gouvernementaux, il analyse que le département est plutôt bien armé pour faire face à la crise actuelle et la surmonter. Une tentative pour restaurer la confiance ?
2008 : un volume d'activités en progression, l'emploi salarié en net ralentissement
Porté par l'industrie aéronautique et spatiale (+19,4%) le chiffre d'affaires des entreprises du département a augmenté en moyenne de 5,3%. L'année 2008 se situe dans la continuité de 2007, malgré un coup d'arrêt dans le secteur de l'immobilier (-6,9%). Les secteurs du commerce et des services connaissent des niveaux de croissance satisfaisants, avec respectivement +3,9% et +4,7% d'évolution de chiffre d'affaires par rapport à 2007. Ce sont les grandes entreprises, de 50 salariés et plus, qui bénéficient de la plus forte hausse (+7,6%), tandis que les TPE sont davantage en difficulté, avec un repli d'activités de 1,5%. Dans le même temps, l'emploi salarié accuse un net ralentissement, n'augmentant en moyenne que de 1,4% en 2008. C'est la plus faible hausse enregistrée depuis sept ans. Le secteur de l'industrie est particulièrement touché, avec une baisse de 1,2%. Au regard de l'évolution globale du secteur, évalué à +9,3%, on peut s'interroger sur le décalage entre hausse de chiffre d'affaires et emploi. Pour l'éclairer, trois facteurs sont avancés : le gain de productivité, les délocalisations et l'externalisation vers les emplois de services à l'industrie, le secteur des services présentant, toutes branches confondues, une hausse des effectifs de 4,1%.
Des prévisions 2009 en berne
Sans surprise, les chefs d'entreprise se déclarent moins confiants pour l'année à venir. Ils envisagent, sur l'ensemble des secteurs, une baisse de 0,5% de leur chiffre d'affaires, tandis que l'emploi salarié n'augmenterait que de 0,3%. Les prévisions les plus défavorables sont réalisées par les plus grandes entreprises, ce qui explique le repli général envisagé pour le département. La situation, qui a commencé à se dégrader à la fin de l'année dernière, a des répercussions sur le moral des dirigeants. Ils sont, pour la première fois, une majorité à se déclarer pessimistes ou neutres pour l'avenir de leur entreprise (54%), contre 62% d'optimistes lors de la précédente enquête, début 2008. Toutefois, Chantal Boucher, directrice régionale de la Banque de France, estime que les situations évoluent très vite. D'après ses derniers chiffres, une relative embellie se dessine. Les prévisions de dégradation pour le mois de janvier ont été moins importantes que prévues, ce qui a constitué une bonne surprise. Parviendra-t-on, en Haute-Garonne, à enrayer la tendance à la récession ?
Enquête réalisée par la chambre de commerce et d'industrie de Toulouse et la Banque de France entre le 15 décembre 2008 et le 2 février 2009 auprès d'un échantillon de 1.693 entreprises inscrites au registre du commerce et des sociétés et représentant 100.942 emplois.
Dans un contexte de crise, la présentation des résultats de l'enquête annuelle de conjoncture économique des entreprises de la Haute-Garonne, le 24 mars, a revêtu une importance toute particulière. Comment se sont comportées les entreprises en 2008 ? Qu'attendre de 2009 ?