Le « trou d'air », comme le qualifie Pascal Lepoutre, directeur général de la société Confit de Provence, basée à Puyricard, avait fait légèrement vaciller l'entreprise. En 2011, la PME, spécialisée dans la production de confitures, avait souffert de la perte d'un important marché en marque de distributeur (MDD), qui représentait alors près de 25 % de son activité. « Mais finalement, en nous recentrant sur nos propres marques, nous sommes parvenus à réduire cette baisse à seulement 10 % », se réjouit Pascal Lepoutre. Sur ce point, l'homme revendique sa volonté d'éviter la dépendance vis-à-vis des donneurs d'ordres. « C'est un souhait de notre part, confirme-t-il. Et cela correspond parfaitement à notre culture. Car nous nous considérons davantage comme des marqueteurs de nos propres produits que comme des fabricants ». Ainsi, aujourd'hui, c'est majoritairement avec ses marques que Confit de Provence réalise plus de 70 % de son chiffre d'affaires à travers le réseau de la grande distribution régionale, et, pour quelques références, nationale. Les 30 % restant étant liés à la commercialisation de ses confitures par le biais de magasins spécialisés et de grossistes régionaux. « Nous comptons près de deux cents références, rappelle Pascal Lepoutre. Et quatre marques : "Confit de Provence" et "Merveilles en Provence" pour les magasins spécialisés, mais aussi "Confiturelles" et "Vergers des Alpilles" pour les grandes et moyennes surfaces ». Des marques propres qui représentaient en 2012 plus de 65 % des trois millions de pots de confitures de la société, contre 55 % en 2011.
Objectif 2013 : 15 % du CA à l'export
Parallèlement, la société a décidé de négocier un autre virage stratégique en direction des marchés internationaux. « Nous nous sommes structurés en ce sens à travers le recrutement d'une personne dédiée, explique Pascal Lepoutre. À l'export, notre produit, porteur de valeurs, évoque la Provence, le savoir-vivre à la française et l'art du "bien manger". Nous ciblons principalement l'Allemagne, la Pologne et la Suède. Nous avons en vue des opportunités en Chine et au Canada ». Résultat de cette politique : l'export, qui représentait 6 % du CA de la société en 2011, devrait atteindre les 10 % en 2012. Avec un objectif de 15 % pour 2013. « Ce choix de diversification n'est pas anodin, confie Pascal Lepoutre. Nous considérons qu'il est peu judicieux de mettre tous ses oeufs dans le même panier ». Le directeur général l'assure : « Se diversifier, c'est éviter la dépendance ».
Croissance externe
Fondée en 1980 par le père de l'actuel dirigeant, Confit de Provence a connu en 1987 la douloureuse expérience du dépôt de bilan avant de rebondir à travers un plan de continuation, avec la mise au point de confitures diététiques, puis, quelques années plus tard, un virage précurseur vers le bio. En 2003, la société a racheté l'activité "confitures" de Marius Bernard. Puis, en 2008, elle a repris l'entreprise Les quatre saisons, leader de la confiture en Bretagne et Pays de la Loire. « Pour l'occasion, nous avons fondé Fruitliance, une holding qui détient 100 % des deux sociétés, précise Pascal Lepoutre. Nous imaginons réaliser de nouvelles opérations de croissance externe, en nous rapprochant de marques régionales que nous pourrions développer, en générant à la fois des synergies technologiques et d'achats ».
Confit de Provence
Puyricard Pascal Lepoutre 18 salariés - CA : 4M€ 04 42 96 64 88 www.confitdeprovence.com