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À Concarneau, le chantier naval Piriou met le cap sur la Défense
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À Concarneau, le chantier naval Piriou met le cap sur la Défense

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En une quinzaine d’années, le groupe Piriou est devenu un acteur important dans le naval de Défense, en France et à l’international. C’est ce qu’est venu constater le préfet du Finistère, Louis Le Franc, le 24 septembre.

De g. à d. : Vincent Faujour, président du groupe Piriou, Louis Le Franc, préfet du Finistère et Erwan Balanant, député du Finistère — Photo : Goulven Connan

Dans un environnement mondial de plus en plus instable, l’industrie de défense française est fortement sollicitée. C’est le cas du groupe Piriou (1 400 salariés dans le monde, 350 M€ de CA en 2024), premier chantier naval indépendant français, dont le militaire représente aujourd’hui 66 % de l’activité, en forte progression ces dernières années. L’autre partie concerne la réalisation et la réparation de différents types de navires civils (pêche, transport, navires spéciaux, navires de soutien, navires à passagers…). C’est dans ce contexte que le nouveau préfet du Finistère, Louis Le Franc, en poste depuis mai, est venu visiter ce fleuron industriel du département.

Deux navires de guerre des mines pour les marines belges et néerlandaises en fin de construction, à quai à Concarneau — Photo : Goulven Connan

"C’est important pour le représentant de l’État dans le département de venir découvrir les capacités industrielles dans ce domaine d’excellence qu’est la construction navale, explique Louis Le Franc. L’État doit être facilitateur, dans tous les domaines, pour permettre à ce chantier naval de conserver ses capacités, notamment pour l’activité consacrée à la Défense, qui est une valeur ajoutée pour le département et la région".

"Un carnet de commandes bien rempli"

Depuis 2012 et la construction de son premier navire militaire, Piriou est pied au plancher sur le naval militaire. "Malheureusement, je le dis avec le cœur, nous allons avoir beaucoup de travail dans les années à venir, confirme Vincent Faujour, président du groupe Piriou. En France, la LPM (Loi de programmation militaire) ambitieuse nous assure un carnet de commandes bien rempli sur les quatre ans à venir." Témoin de cette forte activité, cinq navires de guerre des mines construits dans le cadre du programme belgo-néerlandais rMCM sous la maîtrise d’œuvre industrielle de Kership (co-entreprise de Piriou et Naval Group) sont actuellement dans le port de Concarneau, à des stades de construction différents. Le premier, l’Oostende, doit être livré à la marine belge d’ici la fin de l’année. Sous le hall d’assemblage du chantier, c’est le premier de dix patrouilleurs hauturiers (PH) à destination de la marine nationale qui est en cours de construction. Avec ses 92 mètres de long, c’est le plus grand bâtiment militaire réalisé par Piriou jusqu’à présent. "Il représente 300 000 à 400 000 heures de travail à lui seul", précise Vincent Faujour. La construction de ces 10 navires est partagée via une collaboration entre Piriou, CMN et Socarenam.

Diversification sur le cargo voile

Enfin, dernière innovation du groupe Piriou, l’entrée dans le monde du cargo à voile avec la construction de son premier cargo à voile de 81 mètres, l’Anémos, livré à la compagnie havraise Towt en août 2024. "Il incarne notre engagement pour un transport maritime décarboné", souligne le président du groupe.

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