Lorsque l'on visite les locaux du Comptoir des viandes bio à Maulévrier dans les Mauges, il devient rapidement évident que l'entreprise a besoin d'agrandir son espace vital. C'est bien l'intention de Morgane Piard, sa directrice : « Les travaux permettront de passer de 600 à 1.500 m² et de réaménager complètement les lieux en fonction de nos besoins actuels à l'horizon 2017. » Placée sous l'aile d'Unebio, regroupement de 2.500 éleveurs bios en France et actionnaire principal de CVB, depuis 2007, l'entreprise a vu la demande de viande bio augmenter de façon constante. Arrivée à saturation une première fois en 2012, la capacité de production a été accrue grâce au partenariat avec l'entreprise Freslon de Saint-Jean de Monts qui a récupéré la transformation de toute la filière volaille, soit 60 % de l'activité du Comptoir. « Le soulagement a été de courte durée, puisqu'on est à nouveau arrivé à saturation de notre outil en 2013. Depuis deux ans, nous fonctionnons avec des Algeco, donc nous attendons tous avec impatience cette extension ! »
Une filière en plein essor
Avec un chiffre d'affaires passé de 3,5 millions d'euros en 2007 à 6,2 millions d'euros en 2015, le succès de l'entreprise et plus largement de la filière bio ne se dément pas. Boeuf, veau, agneau, porc et volaille..., pour ces différentes espèces, l'équipe de CVB est le maillon qui fait le lien entre les producteurs membres d'Unebio et les vendeurs de viandes bios. Les débouchés sont multiples, puisque l'entreprise fait à la fois des petites et des grandes séries, des morceaux haut de gamme comme des bas morceaux. « Actuellement, nous recevons deux tonnes de viande par jour », indique Xavier Pierre, le responsable qualité. Et l'entreprise anticipe une augmentation de la cadence indique Morgane Piard : « Il faut deux ans à un éleveur pour se reconvertir en bio et nous savons qu'Unebio comptera bientôt 500 éleveurs de plus dans ses rangs. Il faut donc que l'on se prépare à devoir transformer et commercialiser plus de viande, d'où l'agrandissement et le renforcement des équipes. » À son arrivée en 2008, la directrice supervisait une dizaine de salariés. Aujourd'hui le Comptoir en compte près de 25, dont cinq embauchés dans les six derniers mois. Entre 7 et 10 embauches seront échelonnées d'ici à 2017 et encore autant en 2018.
Des débouchés à développer
Ces perspectives prometteuses rendent nécessaire une stratégie de développement bien maîtrisée. « Notre axe privilégié, c'est la boucherie traditionnelle et les rayons boucherie, qui représentent aujourd'hui 50 % de nos débouchés, contre 20 % il y a trois ans. Nous y croyons beaucoup : le monde de l'artisanat est à nouveau en progression et les gens ont envie de bien manger. S'il y avait 30.000 boucheries en France dans les années 80, il n'en reste que 18.000 aujourd'hui. Mais ce chiffre est maintenant stabilisé et nous sommes persuadés que le commerce de proximité est à nouveau porteur. » Le Comptoir des viandes bio progresse beaucoup depuis deux ans sur le marché de la restauration hors domicile (restauration collective) : « Avec 23 % de nos ventes, c'est le parallèle nécessaire à la vente en boucherie et en magasins spécialisés bio comme Naturalia ou La Vie Claire, car cela nous permet d'avoir des débouchés pour les bas morceaux ». Le reste de la commercialisation se partage entre les magasins spécialisés bio (13 %), l'industrie (12 %) et les prestations pour la vente directe des éleveurs, toujours en bio. La diversification des débouchés permet de ne gaspiller aucun morceau de la viande produite : « Il est aussi inconcevable pour nous de gaspiller de la viande que de ne pas tout valoriser au sein de la filière bio. »
La communication, nerf de la guerre
« Pour consolider ce développement, nous nous appuyons aussi sur une démarche d'éducation au bio en demandant à nos éleveurs de communiquer. Par exemple, il est essentiel de faire comprendre à nos clients et aux consommateurs que la viande de veau est plus rose quand il s'agit d'un élevage en extérieur ou que nous devons sélectionner des races d'agneaux qui se dessaisonnent naturellement pour pouvoir en produire toute l'année sans avoir recours aux hormones comme dans l'élevage classique », souligne Morgane Piard. Autre façon de séduire le consommateur : d'ici à septembre, la marque propre d'Unebio, Le Paysan bio, aura aussi un nouveau logo et un emballage plus valorisant.
Le Comptoir des viandes bio
(Maulévrier) Dirigeante : Morgane Piard CA 2015 : 6,2 millions d'euros 25 salariés 02 41 30 91 60 www.unebio.fr