Compétitivité : Faire respecter les règles du jeu

Compétitivité : Faire respecter les règles du jeu

Dans un sordide atelier chinois où travaillent des adolescentes, ce patron d'une coutellerie de Laguiole, écoeuré, découvre une copie de son couteau haut de gamme vedette*. «En plus, ils n'utilisent pas de l'inox alimentaire alors que nous y sommes tenus!» Et le couteau arrive en France à un prix six fois moins élevé... Ce combat inégal, trop d'entreprises en souffrent. Les entreprises du bâtiment se plaignent de concurrents venus d'ailleurs ne respectant ni conditions de travail ni déclarations sociales. Céramique, photovoltaïque, médicaments et dans de nombreux autres secteurs, des concurrents ne jouent pas franc-jeu. Normes techniques et environnementales minimales, conditions de travail et règles sociales à des années lumières des nôtres, contrefaçons éhontées, dumping... Doit-on accepter tout cela sans broncher? Non bien sûr. Comme l'a rappelé François Hollande récemment «nous devons être compétitifs mais faut-il encore que l'échange soit juste, c'est-à-dire qu'il n'y ait pas de concurrence déloyale.» Et Arnaud Montebourg se demandait si nous n'étions pas «les naïfs du village global». Bien dit. Il vous reste à agir. La liberté des échanges est un préalable au commerce, ce qui implique des frontières ouvertes. Mais le libre-échange nécessite un arbitre pour être vraiment libre. Ni souk ni Gosplan. La concurrence déloyale touche nos emplois, menace nos entreprises, ébranle notre modèle social et entame notre compétitivité. L'Union européenne, dûment mandatée et aiguillonnée par nos gouvernements, doit taper un peu plus souvent du poing sur la table. C'est la première réponse: la défensive. Au moins aussi importante est la réponse par l'offensive en essoufflant la concurrence pour mener en tête la course à l'innovation et à la créativité. *Reportage Canal+ ENTRE NOUS par Vincent Combeuil
Directeur des rédactions