Avec plus de 100 friches commerciales répertoriées au centre de Mulhouse, «la situation n'est pas bonne», énonce Claude Walch à la CCI de Mulhouse Sud-Alsace. Même le nouveau centre commercial Porte Jeune est très loin des 400.000 clients estimés en étude de marché, optimiste sur sa capacité à attirer aussi les Suisses et les Allemands. Entre autres causes, le tramway qui a modifié le plan de déplacement et empiète sur la voirie au détriment de la voiture. «La clientèle du tram n'est pas celle du commerce» répètent les avis, nourris de chiffres sans sources. «Nous n'avons pas d'observatoire du commerce», explique Claude Walch. La CCI et l'Agence de développement de l'urbanisme ont décidé de le construire pour y voir clair. De plus, le remplacement des CDEC par des CDAC -suivant la loi de modernisation de l'économie- en excluant les représentants du monde économique, brouille les cartes. «Désormais, la décision de créer ou d'étendre un équipement commercial est prise à la préfecture par les élus des communes et trois techniciens».
Suréquipement
Pour André Marchand, président du Groupement commercial du Bas-Rhin, le Bas-Rhin et la CUS sont pourvus de commerces au-delà de la moyenne en France. Même argument des Vitrines de Strasbourg, sur le pied de guerre contre le volet commercial de l'Eurostadium (90.000m²). Depuis septembre2008, les ouvertures de surfaces commerciales se sont succédé: 25.000m² de Rivétoile, 6.000m² à l'Aubette, 15.000m² le City center de Kehl. «Sans oublier le projet à Molsheim, présenté comme un équipement de loisirs, et qui sort du chapeau un centre commercial de 10.000m²», ajoute André Marchand.
Les distributeurs s'adaptent
De son côté, confrontée à un tassement de son chiffre d'affaires, la GMS s'adapte et se transforme. La greffe Leclerc/Coop se poursuit, offrant à l'enseigne bretonne un beau réseau de proximité. Système U Est a suivi cette voie en 2009 avec l'apparition d'une quinzaine de magasins à la nouvelle enseigne U Express (de 300 à 900m²). Depuis avril, les magasins Atac et Galeries gourmandes (du groupe Auchan) sont devenus Simply Market, un concept qui repose sur un modèle économique beaucoup plus discount.
Inquiétudes pour les uns, crise pour les autres... 2009 n'est pas des meilleurs crus.