Saint-Étienne
Comment les voyants de Natra sont repassés au vert
Saint-Étienne # Agroalimentaire # Investissement

Comment les voyants de Natra sont repassés au vert

La chocolaterie affiche un redressement spectaculaire, incitant son actionnaire espagnol à investir de nouveau sur son site.

« Nous avions clairement des problèmes de rentabilité », rappelle Hervé de Micheaux, directeur général depuis novembre 2015 de Natra Saint-Étienne, filiale du groupe madrilène (CA 2016 : 300 millions d'euros : 1.000 salariés) depuis 2004 après avoir transité par les mains de l'Israélien Zahor. Tenu à la discrétion par la politique de communication du groupe, l'homme ne peut en dévoiler plus sur les chiffres, mais assure que l'EBITDA est à l'équilibre depuis 2016 et devrait monter en puissance d'ici à 2018. « Nous serons même mieux que le budget cette année en terme de rentabilité ! ». À tel point que l'usine, qui vivotait depuis plusieurs années, est sur le point de devenir un site stratégique pour l'Espagnol Natra, disposant de cinq autres usines dans le monde.

Investissements

« Nous avons produit 9.000 tonnes de chocolat en 2016 à Saint-Étienne (tablettes de chocolats en marque distributeurs, chocolat industriel et truffes). Nous prévoyons +20 % en 2017, idem en 2018. Natra nous fait confiance et appuie sa production et ses investissements ici », se réjouit Hervé de Micheaux. Ici encore, pas de chiffre précis mais une indication : « Les investissements sont multipliés par deux en 2017 par rapport à 2016. Cela se chiffre en centaines de milliers d'euros injectés dans de nouvelles capacités de production ». Mieux encore, Natra Saint-Étienne est nommé site pilote du groupe pour le déploiement d'un nouvel ERP. « Nous avons réussi l'exploit d'un retournement et nous avons retrouvé la confiance de notre actionnaire en renforçant nos reportings et notre transparence ». Des recrutements devraient suivre dans les deux ans. Par quelle recette miracle cette usine, toujours affectueusement surnommée par bon nombre de Stéphanois, la chocolaterie Casino alors qu'elle ne lui appartient plus depuis 1990, a-t-elle réussi à remonter la pente sur laquelle elle avait dangereusement glissé ces dernières années, perdant en volume et en rentabilité ?

Amélioration continue

Le directeur général rechigne à mettre son savoir-faire en avant mais ses méthodes semblent pourtant bel et bien avoir fait leurs preuves. Formé à l'amélioration continue au Japon, il affirme avoir « simplement restauré la confiance et l'envie de travailler des salariés ». Hervé de Micheaux, moniteur de ski à ses heures perdues et pratiquant le trail en compétition, a mis en pratique certaines des pratiques de management apprises lors de ses fonctions de DRH ou directeur R & D pour des géants comme Unilever ou Danone.
« Il fallait redonner de la visibilité aux salariés avec des objectifs à court, moyen et long terme. L'équipe a adhéré. Le climat social est apaisé ». Natra Saint-Étienne a également concentré ses efforts, ces derniers mois sur l'amélioration du service client. « Aujourd'hui, 98 % des commandes sont livrées à l'heure. ce ratio était catastrophique auparavant. Et lorsque ça dérape, nous observons tous ensemble pourquoi. On apprend toujours quelque chose d'un échec. Ma méthode se résume ainsi : exigence et bienveillance.»

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