Fondée en 1983, reprise en 2007 par Nicolas Guiselin et Laurent Nogrette, l'enseigne monégasque Glastint vient d'ouvrir son capital à la Société d'aide à la création et au développement des entreprises (SACDE). Une prise de participation minoritaire, à hauteur de 20%, qui vise à accélérer le développement du spécialiste de la pose de film et de vitrage pour l'automobile et le bâtiment. Doté de 63 centres en France ayant généré en 2016 un peu plus de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, le réseau ambitionne d'en ouvrir une centaine d'autres d'ici à cinq ans. « Tous les indicateurs sont au vert pour relancer l'activité de façon pérenne », se réjouit Nicolas Guiselin. Car une évolution réglementaire a bien failli avoir la peau du réseau.
Incertitudes réglementaires
En l'occurrence, le décret 2016-448 réglementant le surteintage des vitres avant des véhicules, dans les tuyaux dès 2012, annoncé fin 2015, effectif le 1er janvier 2017. « Dès l'annonce du décret, le réseau déjà impacté par la crise de 2008 s'est contracté. L'incertitude réglementaire stoppant net son développement », raconte Nicolas Guiselin qui n'a alors d'autres choix que de repenser et sécuriser une activité attaquée de plein fouet. Première réaction : « Se mettre en conformité et développer des films et outils répondant à la nouvelle réglementation afin d'être capable de garantir à nos clients la bonne teinte ».
Activité élargie
Parallèlement, le réseau décide, début 2016, de se diversifier en intégrant dans ses centres la réparation et le remplacement de vitres automobiles. Une activité proche du positionnement historique de l'enseigne, et pour laquelle elle détient la compétence. « Ce marché pèse 1,2 milliard d'euros en France et la plupart des réseaux existants sont saturés. D'où l'accélération des demandes naturelles de franchises depuis son intégration ».
Diversification vers le bâtiment
Et puis, il y a le service de pose de films pour bâtiment, lancé en 2013 pour anticiper la baisse d'activité et qui porte aujourd'hui ses fruits. « C'est le segment de marché au plus fort potentiel. En 2016, il a représenté 38% du chiffre d'affaires contre 20 à 25% auparavant. » Une progression portée par les problématiques de sécurisation des vitrages favorisées par le contexte anxiogène des attentats. « Nous avons équipé beaucoup de bâtiments publics de films sécurité », confirme le dirigeant. Des films qui ont la particularité de retenir les bris de verre et donc de limiter les dégâts sur les personnes. Car « dans une explosion, ce n'est pas le souffle de la bombe qui est le plus meurtrier, mais la projection de débris ».
Monter en compétence
Toutes ces évolutions menées au pas de charge ont donc convaincu le fonds institutionnel monégasque d'accompagner le franchiseur dans son développement. Et dans sa volonté de monter en compétence. Dans les prochains mois, un directeur et des animateurs réseau ainsi qu'une équipe dédiée à la nouvelle activité de remplacement des vitrages automobiles seront recrutés. Au total, 12 personnes supplémentaires rejoindront dans les trois ans la tête de réseau, qui en compte à ce jour 17 pour un chiffre d'affaires de 4 millions d'euros.