« Comment j'ai survécu à un redressement judiciaire »
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« Comment j'ai survécu à un redressement judiciaire »

Venu témoigner lors de la conférence "Reconf", organisée par la CCI et Télécom Valley, José Martinez revient sur les difficultés rencontrées lors de son placement en RJ.

« Préceptel a été placé en redressement judiciaire (RJ) en juillet 2007. À l'origine de ce placement, une mauvaise estimation du temps de développement. Une petite erreur qui a bien failli être fatale à l'entreprise. Créé en 2003, Préceptel avait pour ambition de développer une solution offrant aux entreprises tous les services d'un standard classique sur un téléphone portable. À l'époque, le smartphone n'existait pas encore et ce projet avait séduit plusieurs business angels. Malheureusement, il accusait 14 mois de retard, les dépenses s'accumulaient pour un chiffre d'affaires anecdotique. Si bien qu'en 2006, nous perdions 150 K€ par mois. J'ai alors tenté une levée de fonds plus traditionnelle, mais là aussi le temps m'a fait défaut. Si en juin 2007, trois fonds s'étaient engagés à hauteur de 3,5 M€, il me fallait attendre le mois d'octobre pour obtenir la fameuse lettre d'intention. Trop tard. Le passif de la société atteignait 1,6 M€, ma banque ne me suivait plus. Au pied du mur, je n'avais d'autres choix que le RJ. »




Force de conviction

« S'est alors engagée une véritable course contre la montre. Car, pour obtenir une période d'observation de 6 mois, il faut prouver que l'entreprise est viable et capable de rembourser ses dettes. Or, par définition, une start-up ne l'est pas tant qu'elle n'a pas finalisé son développement. Il a donc fallu convaincre. La force de conviction, c'est fondamental. Si le dirigeant ne croît pas viscéralement à son projet, personne n'y croira pour lui. Dans le cas de Préceptel, nous avions la chance d'avoir développé un produit annexe, Allokids, que nous avons cédé pour 200 K€, ce qui a permis de calmer le jeu, avant de tailler dans la masse salariale en mettant en place un plan ultra-drastique pour passer de 30 à 3 personnes. En parallèle, une stratégie de commercialisation a été définie. Si nous avions pratiquement finalisé le développement de notre solution, nous n'avions plus les moyens de nous lancer sur le marché cible initial. J'ai donc choisi d'attaquer un marché de niche en y ajoutant une application métier dédiée aux taxis. Ces arguments ont rassuré le président du tribunal de Grasse, qui a renouvelé par deux fois la période d'observation, même s'il m'a fallu me porter caution à hauteur de 217 K€ sur les super-privilèges. Ainsi, après 18 mois de combat, Préceptel sortait du redressement judiciaire pour enfin entrer dans un plan de continuation de 10 ans. »




Dette quasi remboursée

« Cinq ans après, nous avons remboursé les trois quarts de notre dette et l'entreprise est profitable. Notre solution, NGTaxi, déployée auprès de 2.000 taxis en France, présente de belles perspectives au national comme à l'international. Nous travaillons par ailleurs sur un projet de système de dispatch de courses avec les cinq fédérations de taxis, prenant en compte les milliers de règles qui régissent la profession. Aussi sommes-nous repartis sur une nouvelle levée de fonds de plusieurs millions d'euros, qui sera cette fois-ci beaucoup mieux maîtrisée. Car, si l'on a le droit de se tromper une fois, l'erreur pouvant être perçue comme un chemin initiatique vers la compétence, se tromper deux fois sur le même sujet relève de la faute. »

Préceptel



(Sophia Antipolis) Dirigeant : José Martinez CA 2013 : 1 M€ 7 personnes Tél. : 04 89 87 26 00 @email

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