Après VuLog, Nively, SecludIT ou encore Data Moove, c'est au tour de Milanamos et d'Ignilife d'intégrer le programme d'accélération européen EIT Digital. L'organisme, initié par la Commission Européenne en 2010, cherche à favoriser et dynamiser l'entreprenariat innovant en jouant sur trois leviers, la formation des étudiants et doctorants, l'accompagnement de projets collaboratifs agiles et l'accélération de start-up à l'international dans quatre grands domaines d'activité : la santé, la ville, l'industrie et les infrastructures, toutes "smart" évidemment.
40 business développeurs
Ce dernier volet - qui dure une année - s'adresse à des jeunes pousses déjà matures, dont "la traction marché est avérée, le chiffre d'affaires récurrent et qui disposent au moins d'une personne dédiée à l'export", détaille Thomas Herlin, l'un des business développeurs du co-location center sophipolitain, ouvert en 2014 sur le campus SophiaTech. Car la particularité de cet accélérateur est d'être résolument tourné vers les marchés européens. "Le centre de Sophia Antipolis s'inscrit dans un réseau couvrant une dizaine de pays (Italie, Espagne, France, Allemagne, Hollande, Royaume-Uni, Suède, Finlande...) et regroupant une quarantaine de business développeurs à l'expérience solide en matière d'innovation et d'entreprenariat". Soit, une "force commerciale" aguerrie et répartie dans toute l'Europe qui, à fin 2016, a accompagné environ 260 jeunes pousses du numérique.
1 accélérateur, 14 relais en Europe
« Notre mission consiste à faire passer les start-up à l'échelle européenne afin de contribuer à l'émergence des champions de demain », reprend Thomas Herlin. Pour ce faire, EIT Digital Accelerator favorise la création de passerelles entre les différentes jeunes pousses du programme ainsi que leur accès au marché. Cela passe par de la mise en relation, bien sûr. Par de la présence, sur stand, à une quarantaine de conférences et salons professionnels européens. Mais aussi par la possibilité de s'installer physiquement dans les pays ciblés. Car si toutes les entreprises peuvent disposer de m² dans leur co-location center d'attache, elles ont également accès à des services de soft landing dans les quatorze relais de l'accélérateur implantés en Europe. Chacun ayant un domaine d'activité privilégié. Pour celui de Sophia Antipolis, c'est la thématique Digital City qui prédomine, d'où sa récente sélection pour accueillir l'été prochain une "summer school" de deux semaines consacrée à ce sujet.
Une équipe dédiée au financement
EIT Digital Accelerator dispose enfin d'une équipe Access to Finance, forte d'un réseau réunissant une centaine de fonds de capital risque à travers l'Europe. Institutionnels ou corporate. Entre 2012 et 2015, l'équipe a ainsi aidé 73 entreprises à lever un total de 55 millions d'euros, dont 22,7 millions rien qu'en 2015. En 2017, l'EIT Digital s'est fixé comme objectif d'accélérer ainsi 80 start-up sur l'Europe dont 10 en France où l'organisme est présent à Paris, Sophia Antipolis et Rennes. Gratuit jusqu'à l'année dernière, le programme coûte désormais 50.000 euros, payable jusqu'à trois ans après la fin de l'accélération. Car la Commission européenne pousse désormais ces différents dispositifs à tendre vers l'autofinancement. « Ce qui nous a obligé à faire évoluer notre modèle économique. Toutefois, assure Thomas Herlin, au regard des prestations, ne serait-ce qu'en termes d'hébergement et de participation à des salons, les entreprises rentrent dans leurs frais ».