Pour les anciens Toulousains, Lasserre c'est quelque chose! La réussite dans les années70 d'une PME du prêt-à-porter de 80 salariés et 100 millions de francs, présente à New-York ou Bruxelles, aujourd'hui disparue. Olivier, l'aîné des trois frères y a travaillé puis a évolué dans la cosmétique, chez Pierre Fabre, alors que ses frères, Christophe et Thierry, étaient dans le médical et le matériel chirurgical. Aléas personnels et professionnels de chacun aidant, ils ont fait le choix de revenir à Toulouse pour reformer le cercle familial autour d'un projet professionnel commun. Le rachat d'une affaire de cosmétique ayant échoué, ils ont opté pour la restauration, «un métier de communication», indique Olivier Lasserre. Initialement, c'est Labège qui était ciblé pour une «restauration-concept», moins exigeante sur le plan culinaire. Tout était bien parti, le terrain négocié et le projet architectural accepté par le Sicoval... mais «un véto de l'édile local a fait capoter l'affaire.Nous avons mis beaucoup d'énergie à nous projeter sur d'autres lieux», se souvient Christophe, encore amer que le vendeur d'une affaire à Ramonville se soit rétracté à la signature... En 2011, on leur propose un autre lieu: un ancien cinéma emblématique de Toulouse, emplacement de premier ordre. «Nous sommes emballés», se rappellent les deux frères, Une SAS au capital de 200.000 euros est constituée pour acquérir le pas de porte (dont le montant n'a pas été révélé) avec promesse de vente des murs dans un délai de deux à quatre ans, accompagnée par la Banque Populaire Occitane. Ne leur parlez pas d'Oseo et de l'accompagnement des entrepreneurs ! «Ces gens ne sortent pas de leur grille de lecture ! Comme nous n'étions pas de la profession... alors que nous mettions 18emplois dans la balance», s'énervent-ils.
«Des objectifs un peu hauts mais accessibles
» Parce qu'ils souhaitaient «un concept évoluant autour de luxe et convivialité», les frères Lasserre se sont attachés l'expérience d'un chef reconnu, Mo Bachir, et ont confié les travaux (dont le montant reste lui aussi secret) à Sandra Tarruella, architecte barcelonaise. Sur les 400m² disponibles, elle leur a proposé un double univers de gastronomie, restaurant au niveau supérieur et bar à tapas avec vente à emporter en bas. Avec 138places assises et idéalement 180 debout, les nouveaux restaurateurs, en gestionnaires rigoureux, jugent leur premier mois d'activité satisfaisant, en ligne avec des objectifs certes «un peu hauts mais accessibles». Pour y parvenir, une démarche commerciale démarre auprès des entreprises et des agences de communication ou de relations publiques pour pousser à la privatisation du lieu, certains soirs en semaine.
Restaurant Colmado
Dirigeants : Olivier, Christophe et Thierry Lasserre 18 salariés Capacité : 275 personnes (dont 138 places assises) 05 61 42 52 82 www.colmado.fr