L'union fait la force ! Le célèbre adage s'applique désormais à la filière agroalimentaire rhônalpine. Soucieuses de répondre aux attentes de simplification, d'efficacité, de visibilité et de performance des entreprises et des pouvoirs publics, les associations Cluster Allira, Peacritt et le comité de promotion des produits agroalimentaires Rhône-Alpes, R3AP, ont choisi de fusionner sous l'impulsion de la Région. « J'ai souhaité ce rapprochement pour diverses raisons, dont la visibilité, la mutualisation des moyens, et pour éviter les redondances dans une période où nous cherchons à faire des économies d'échelle. Je voulais aussi donner à la filière alimentaire plus de poids. Quand on est éclaté en divers satellites, c'est moins facile d'exister », argumente Michel Grégoire, vice-président de la Région, délégué à l'agriculture et au développement rural. Opérée par R3AP, cette fusion absorption a donné naissance à une nouvelle entité baptisée Rhône-Alpes Gourmand. Elle s'est fixée pour objectif de mettre en mouvement « une union exemplaire et unique de toutes les forces économiques régionales, du champ à l'assiette » en vue de « porter d'une même voix le développement de l'alimentaire, secteur clef de l'économie et de l'emploi de Rhône-Alpes ».
Cohérence et économies
Pour atteindre cet objectif, Rhône-Alpes Gourmand sera chargée de déployer un programme d'actions unifié autour de quatre thématiques situées au coeur des enjeux structurels du secteur : la promotion et la commercialisation régionale, France et international, l'innovation élargie, la R & D, la performance des organisations et outils et, enfin, l'emploi et le recrutement. Un programme ambitieux mais nécessaire pour permettre à la Région d'afficher une politique plus cohérente et moins coûteuse. « Avec trois structures, il était devenu difficile d'afficher une cohérence politique. Le Conseil régional n'est pas là pour financer des structures, il est là pour financer avant tout une politique. Et puis la Région est devenue gestionnaire des fonds Européens. Avoir un interlocuteur unique par secteur simplifie les discussions et les arbitrages. La mutualisation des moyens a aussi pour objectif de favoriser des économies », développe Michel Grégoire. En clair, la Région qui versait, en cumul, « entre 1,8 M€ et 2 M€ par an », entend bien réduire le montant de sa participation. Dans cette optique de mutualisation et de guichet unique, pourquoi ne pas avoir inclus le cluster Organics ? « Ce n'est pas que je ne le souhaite pas, mais historiquement, il est compliqué de faire travailler ensemble l'alimentaire conventionnel et la filière bio. Pourtant, de plus en plus d'entreprises développent aujourd'hui des gammes bio », commente Michel Grégoire. Absent des débats, Organics Cluster est néanmoins invité au rapprochement. Comme le souligne Brigitte Coquard, directrice de Rhône-Alpes Gourmand : « La porte n'est pas fermée. D'autres nous rejoindrons. »
Pas sûr que ce soit le voeu d'Organics qui, fort de son évaluation positive, peut « envisager sereinement le futur et consolider sa position en tant qu'interlocuteur privilégié de la Région pour le développement du secteur des produits biologiques en Rhône-Alpes ».
AGROALIMENTAIRE. Impulsée par la Région, la fusion entre le cluster Allira, le Peacritt et R3AP devrait permettre d'allier visibilité, cohérence politique et économies.