L’annonce marque la fin d’un fleuron de l’agroalimentaire du Sud Ouest, né en 1953 et spécialisé dans le foie gras, les produits d’épicerie fine et les coffrets gourmands. À son apogée en 2021, Ducs de Gascogne employait plus de 119 salariés et exportait ses produits dans plus de 40 pays. En 2022, l’entreprise affichait un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros, contre 19,2 millions d’euros l’année précédente, avec 65 000 coffrets fabriqués, principalement à destination des comités d’entreprise et des collectivités.
Reprise express, chute brutale
Reprise en 2017 par Cyril et Marie Jollivet, l’entreprise a été cédée en juillet 2023 au groupe parisien Bio Conquête, rebaptisé depuis Quaterra. La transaction, opérée via un LBO (Leverage Buy-Out), a suscité des inquiétudes. Ce montage consiste à racheter une entreprise à crédit en transférant ensuite la dette sur la société acquise. La transaction, opérée via un LBO (Leverage Buy-Out), a suscité quelques émois au niveau local. Le LBO est un montage financier permettant le rachat d'une entreprise à crédit en transférant ensuite la dette sur la société acquise.En quelques années, l'entreprise est passée d'un modèle familial à un modèle financier fondé sur le LBO, avec des partenaires comme Quadia et Degroof Petercam. En moins de deux ans, l'entreprise a vu ses effectifs chuter à 70 salariés et son activité s'est fortement ralentie.
Trois offres de reprise, aucune solution globale
Durant la période de redressement judiciaire, trois offres de reprise ont été déposées, selon des informations publiées par La Dépêche du Midi. Toutefois, aucune ne permettait de sauver l’ensemble des emplois ni de maintenir l’activité dans son intégralité. Une des propositions envisageait de reprendre une vingtaine de salariés, les deux autres entre 5 et 7 postes seulement. Faute d’un projet suffisamment solide, le tribunal a donc acté la liquidation.
Une entreprise profondément ancrée dans son territoire
Depuis sa création par Gabriel Dubarry, Ducs de Gascogne faisait partie intégrante du patrimoine industriel gersois. Elle disposait d'un catalogue de quelques 600 produits comprenant, outre les colis gastronomiques, divers produits du terroir, foie gras IGP, tartinables apéritifs bio et végétaux. Elle s'était également diversifiée dans les confitures, le miel, le vin... Ses produits dont un tiers étaient fabriqués dans ses ateliers étaient également distribués en vente directe, via le réseau de la grande distribution ainsi que dans les épiceries fines. L'entreprise travaillait en étroite collaboration avec Les Fleurons de Samatan et la coopérative Vivadour, qui lui fournissaient la majeure partie des canards pour le foie gras. Elle comptait également parmi ses clients des collectivités comme les Villes de Marseille ou de Levallois-Perret. Son modèle reposait sur une production locale et saisonnière avec 80 % du chiffre d'affaires concentré sur les mois de novembre et décembre. Aujourd'hui, à Gimont, c'est la fin d'une histoire de plus de 70 ans, celle d'une entreprise qui incarnait la gastronomie du Sud-Ouest.