Y
ann Trichard, vous êtes le président du CJD (centre des jeunes dirigeants) de Nantes qui réunit 106 entreprises. Comment abordez-vous la période de crise actuelle?
«2013 va être difficile sur le plan économique. C'est pourquoi nous avons décidé de renforcer des actions qui avaient été mises en place lors de la crise de 2008. On va se serrer les coudes en créant par exemple des mini-conseils d'administration constitués de membres de l'association. Ceux-ci se réunissent tous les mois ou tous les mois et demi pour soutenir les entreprises membres du CJD. Ces conseils n'ont qu'un rôle consultatif. Il ne s'agit pas bien sûr de décider à la place du dirigeant. Mais l'idée, c'est de faire en sorte qu'il ne se retrouve jamais seul, en passant de la solidarité passive à la solidarité active. Chaque membre du bureau suit aussi quatre à cinq adhérents et essaie de voir comment cela se passe dans son entreprise. Cette procédure de vigilance est renforcée par un questionnaire que nous avons élaboré et envoyé aux membres. Notation Banque de France, niveau du carnet de commandes,etc.: il est constitué de 45 indicateurs qui, cumulés, montrent les prémisses d'une situation difficile.
Autre gros dossier du CJD, celui de la prise en compte de la RSE (responsabilité sociale de l'entreprise) dans les appels d'offres de l'agglomération. Où en êtes-vous sur ce sujet?
«À Nantes, certains appels d'offres comprennent maintenant un volet RSE. À ma connaissance, c'est même la seule ville de France où cela se pratique. Maintenant, c'est un sujet extrêmement compliqué. On a rencontré un conseiller de Jean-Marc Ayrault à ce sujet et essayons maintenant d'amener notre rapport au niveau européen. La RSE, on est convaincu que c'est l'avenir et on bénéficie du soutien du CJD national à ce sujet. J'ai confiance car nous sommes organisés pour faire des propositions. Nous ne sommes pas un mouvement patronal partisan ou contestataire. Nous sommes dans l'expérimentation.
Une expérimentation qui demande généralement un vrai investissement des dirigeants membres de l'association...
«Au CJD, on laisse le business à l'entrée. On est un lieu de formation pour le dirigeant, un lieu où il peut sortir de son isolement et partager ses expériences avec ses pairs. Dans nos métiers un petit peu fous, il s'agit d'une richesse énorme. Maintenant, être membre du CJD, c'est un vrai investissement en temps. Il y a généralement au moins un rendez-vous par semaine. On travaille beaucoup par petits groupes de travail de sept à huit personnes. On y parle croissance externe, tableau de bord, RH, international,etc. On évoque son expérience, on échange. Un jeune dirigeant qui ne se livrerait pas, aurait du mal à avancer au CJD».
CJD de Nantes
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