CJD : Comment les jeunes dirigeants affrontent la crise
# Conjoncture

CJD : Comment les jeunes dirigeants affrontent la crise

Comment plier et ne pas rompre? Le CJD de Strasbourg a tenté de répondre à cette question.

Échanger pour exorciser. Le CJD de Strasbourg a organisé mi-janvier une conférence de mise en jambe pour affronter 2010. Son thème? Le dirigeant face à la crise. Avec l'envie évidente de partager les meilleures pratiques. Olivier Houtmann, repreneur de la société VOB (menuiserie, Rosheim) en 2003, est revenu sur les conditions de cette reprise, alors que la société était en redressement judiciaire. «Le plus dur a été de renégocier les dettes, une épreuve difficile, longue, périlleuse et délicate», se souvient-il, «ensuite, il a fallu qu'à chaque instant je porte mon projet, c'était indispensable pour entraîner les équipes». Il n'a pas manqué également de revenir sur l'enjeu de s'appuyer sur son expert-comptable et sur l'administrateur judiciaire dans cette période. Lui-même administrateur, Paul Patry a rappelé l'importance, dans ces périodes de procédures collectives (sauvegarde, redressement judiciaire), de garder ses contrats (bail, assurance...). Précieux, ils seraient difficiles d'en obtenir de nouveaux en cas de perte. «Il ne faut pas avoir honte d'ouvrir une procédure collective», a poursuivi Maître Claude Schneider, avocat d'affaires à Strasbourg, «c'est même un acte de gestion quand c'est fait au bon moment». Au bon moment? C'est-à-dire quand il reste suffisamment d'argent dans les caisses de l'entreprise pour affronter la période d'observation. Elle conserve ainsi ses chances d'aller vers un plan de continuation. Pas simple toutefois de démontrer la cessation de paiement dans ces circonstances. Pascal Carrier, dirigeant des transports Feidt (Molsheim) et Philippe Haegele (tôlerie fine CTTM, à Duttlenheim) ont, pour leur part, insisté sur la nécessité de diversifier leurs portefeuilles d'activités et de clients. Indispensable pour minimiser les risques en temps de crise. A la clé, les résultats qu'ils ont obtenu, un recul de la part d'activité liée au transport routier pour le premier, et le renouvellement de 25% de son chiffre d'affaires avec de nouveaux clients pour le second, montrent que ces efforts n'ont pas été vains.

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