En 2018 devrait s'élever à Lançon de Provence, en bordure de l'autoroute A7, un projet novateur, entièrement privé, la Cité de l'Air, baptisée Philéapolis par ses concepteurs et résolument tournée vers le marché des drones. Concrètement, le site de Philéapolis devrait s'étendre sur 40.000 m² et constituer une véritable ville. « Il sera possible de déposer ses enfants à la crèche, ses habits au pressing, de faire ses courses ou de manger dans un restaurant haut de gamme », explique Thierry Perpère, P-dg de la Cité de l'Air. Les responsables du projet voient grand : salle de congrès de 800 places, résidence hôtelière de 4 ou 5 étoiles luxe... « Le projet, lancé en 2013, était principalement axé sur l'aéronautique. Il a petit à petit évolué vers les drones, les objets à commandes déportées, qu'ils volent, roulent ou flottent », poursuit le P-dg, qui ajoute : « ce qui est important dans le drone, ce n'est pas l'appareil, mais les capteurs qu'il emporte et le Big Data qui va gérer toutes les données. Les entreprises n'ont pas forcément vocation à avoir des drones mais à acheter des données. Nous n'avons pas vocation à abriter des fabricants de drones, mais les entreprises de services qui y sont associées ». Thierry Perpère précise en outre que le projet constitue bien plus qu'une énième opération de promotion immobilière. « Nous ne sommes pas des promoteurs. L'idée est de proposer des prestations de services à un ensemble immobilier tertiaire. Trop souvent les locations bloquent les entreprises 3, 6 ou 9 ans en fonction des baux. Chez nous, les espaces seront loués à la carte, comme dans un centre d'affaires. Il faut pouvoir adapter les m² au développement de l'activité des entreprises et non le contraire. Quand on voit que souvent 35 à 50 % des levées de fonds partent dans les locaux, dans l'administratif, on comprend qu'il faut proposer d'autres modèles ». Mais, le véritable ADN du projet, le coeur de la Cité de l'Air, c'est le Business Accelerator. « Nous souhaitons en effet agréger sur le site un large éventail d'acteurs : R et D, entreprises, startup, recherche, formation, gestion des big data... À partir d'une demande, d'un projet, nous voulons être capables d'organiser une réponse industrielle. Nous ne mettons pas les entreprises face à des subventions, comme on le fait trop souvent dans les pôles de compétitivité, mais nous les mettons face aux marchés. Partir d'une idée d'un Géotrouvetout pour arriver à un produit à mettre sur le marché. Nous voulons créer un système nouveau avec une mentalité anglo-saxonne, un écosystème qui n'existe nulle part ailleurs. Nous avons une ambition résolument internationale. Ce projet permettra de garder des talents en France ».
Un Master "Créateur de solutions drone"
Les responsables du projet auraient ainsi d'ores et déjà des demandes issues de grands groupes qui souhaiteraient par exemple confier leur R & D selon un cahier des charges précis. Première pierre de l'édifice : la formation. « Nous avons lancé, le 2 février dernier, avec notre partenaire l'Ensam (École nationale supérieure des Arts et Métiers) d'Aix-en-Provence, un master : "Créateur de solutions drone". La formation ouvrira à la rentrée prochaine et devrait à terme accueillir une centaine d'étudiants. Les bâtiments de Philéapolis ne sortiront de terre que dans un peu moins de deux ans. D'ici là, nous prendrons des locaux temporaires ». Le projet prévoit environ 24.000 m² consacrés aux entreprises et 17.000 m² aux différents services : restaurants, crèches, musée... Reposant entièrement sur des fonds privés, Philéapolis devrait s'étendre au total sur 140.000 m², pour un investissement de 140 M?. La Cité de l'Air accueillera plus de 2.000 personnes. La société CDL Ingénierie, promoteur du projet, a signé un compromis avec la commune de Lançon de Provence pour un terrain d'un peu plus de 120.000 m².
Cité de l'Air
(Lançon de Provence) Thierry Perpère 14 salariés Objectif : 150 salariés 06 73 82 51 01 www.citedelair.com