En attendant la création de cette filière de déconstruction, EcoNav renforce sa position dans le développement durable. Avec une mission autour de l'éco-conception en partenariat avec la Chambre régionale des Métiers et l'Université de Bretagne Sud.
15 chantiers en 2014
140 entreprises de la filière nautique bretonne (1.900 installations et entreprises, 7.100 emplois, 650 millions d'euros de chiffre d'affaires) sont déjà affiliées Vague Bleue. Preuve de leur engagement face à la collecte des déchets et aux traitements des effluents de carénage. Désormais la démarche va plus loin et s'intéresse à l'éco-conception. Cinq chantiers navals constitueront un groupe de test en 2013, avec l'objectif en 2014 de parvenir à dix chantiers supplémentaires. L'idée ? Anticiper les réglementations et l'évolution des modes de consommation en matière de nautisme en réfléchissant dès la conception à la protection de l'environnement et à la réduction des coûts. Le programme Vague Bleue éco-conception formera et accompagnera les chantiers sur les bonnes pratiques, en valorisant les cas exemplaires. Et ce par le biais d'une grille d'évaluation d'un bateau équipé. « Il s'agit d'identifier les critères sur lesquels le chantier peut agir », explique Bertrand Jaouen, chargé de mission EcoNav. L'UBS, qui planche déjà sur la question depuis plus de quinze ans, a déjà relevé plusieurs leviers d'amélioration. En effet, un voilier de croisière côtière impacte l'environnement à 75 % lors de sa fabrication et la fin de sa vie. 25 % seulement des impacts concernent l'usage du voilier. La fabrication de la coque et du pont pèse pour 36 % de ces impacts, la propulsion pour 18 %. Or, moins de 5 % des impacts sont liés au process de fabrication. « Un tiers des impacts concernent les matériaux utilisés », indique Gwenaël Le Maguer, ingénieur transfert maritime à l'UBS. « Nous devons apporter des solutions techniques et technologiques qui permettent de minimiser ces impacts », assure-t-il. Pour les coques motorisées, utilisant la propulsion thermique, les chiffres s'inversent. 92 % des impacts environnementaux sont liés à l'usage. « Il est difficile de trouver le moteur parfait », complète Gwenaël Le Maguer. Forts de ces données, l'UBS, EcoNav et la Chambre Régionale des Métiers veulent avancer aux côtés des entreprises sur la stratégie d'éco-conception. Une stratégie que le chantier Marée Haute de Trégunc a déjà faite sienne. « Nous avons fait progresser de 30 % notre chiffre d'affaires grâce à des techniques de productions innovantes et moins polluantes », explique Serge Calvez, le gérant. « Nous devons tout faire pour rendre le travail des chercheurs performants ».