Cigales : «Notre épargne va entièrement à l'investissement»
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Cigales : «Notre épargne va entièrement à l'investissement»





À la présidence des Clubs d'investisseurs pour une gestion alternative et locale de l'épargne solidaire (Cigales), Claudine Barideau vient de succéder à Guy Pruvot. L'occasion de partager ses convictions. Rencontre avec une nouvelle présidente lilloise engagée, également administratrice de ce réseau au plan national.
Quel est votre parcours? Je suis un pur produit du public et de 1968. Assistante sociale pendant 18ans, j'ai travaillé pour des associations et un centre d'information et d'orientation en région parisienne. J'ai monté un service social municipal à Rueil-Malmaison, avant de reprendre des études en sciences sociales appliquées au travail. Au Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), je m'occupais du personnel sans affectation et de l'application de la loi sur le terrain. De retour à Lille en 1998, j'ai été responsable emploi de la délégation régionale du CNFPT et me suis occupée notamment de l'accompagnement des emplois-jeunes jusqu'en 2001, année de mon entrée chez les sapeurs-pompiers. Pour le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) du Nord, j'ai monté et organisé une direction des ressources humaines. Aujourd'hui, je suis chargée de mission dans une direction du contrôle interne du Sdis.
Qu'est-ce qui vous plaît dans le réseau des Cigales? Au sein des Cigales, nous sommes en situation d'équité. Ce n'est pas une démarche de don, dans laquelle nous ne serions pas au même niveau les uns les autres. Dans l'investissement solidaire, nous marchons ensemble. C'est ce que je recherchais. Nous sommes toujours sollicités pour aider à l'autre bout du monde, alors que mon voisin a peut-être besoin de moi.
Pourquoi avoir accepté d'en prendre la présidence? J'ai accepté parce que c'est un investissement collectif. Ce que l'on ne retrouve plus dans le monde du travail. L'avantage des Cigales, c'est l'esprit d'une équipe qui avance en même temps. Il n'y a pas d'ego. Pour moi, prendre la présidence, c'est travailler avec. Guy Pruvot reste vice-président, comme son prédécesseur Jean Thierry. On construit notre feuille de route avec les 578cigaliers en région.
Quelles sont vos ambitions et quel message voulez-vous porter aux entreprises? L'évolution des dernières années est impressionnante. Il faut continuer. Tous les gens que nous rencontrons trouvent que les Cigales ont du sens. Toute notre épargne (15 à 18K€ par mois) va entièrement à l'investissement: 1€ épargné, c'est 1€ investi. Avec notre aide, beaucoup peuvent recréer leur emploi. Nous allons d'ailleurs mener des informations dans les entreprises qui sont en restructuration. J'ai rencontré quelqu'un qui voulait vendre sa voiture pour aider son fils à créer son entreprise. Il y a d'autres solutions, comme les Cigales. Nous n'allons pas apporter 100K€ mais une certaine énergie et du réseau indispensable.

Propos recueillispar Géry Bertrande

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