Entrepreneur à la retraite, Christian Veron n'a désormais plus qu'une seule obsession: transmettre. Que ce soit quelques années en arrière lors de ses mandats à la CCI du Var ou à l'UIMM. Que ce soit aujourd'hui à la tête de l'association des entreprises de la zone Epsilon ou en sa qualité d'administrateur de l'IAD (Institut d'assistance au développement des petites entreprises régionales), Christian Veron partage ses valeurs et son expérience. Même dans l'exercice de l'interview, dont il semble pourtant peu raffoler par souci de discrétion, il se prend finalement au jeu pour faire passer ses messages. «Je ne voulais pas que 40 ans de gestion d'entreprise passent aux oubliettes. Et puis, dans la mesure où l'expérience se forge principalement sur l'accumulation d'erreurs, c'est toujours bien de pouvoir en faire profiter les autres et de les aider ainsi à avancer plus vite».
L'épreuve de la transmission
Transmettre une entreprise, il sait ce que c'est. Il en a vécu la «difficile expérience» en 2005 lorsqu'il a décidé qu'il était temps pour lui de se ranger et de céder les rênes de son entreprise, MSA, spécialisée dans la création d'équipements pour la salle de bains et la cuisine. «Je n'ai pas de regrets dans la manière dont s'est déroulée cette transmission, mais cela n'a pas été facile», concède-t-il. Pourtant, l'entreprise est restée dans la famille et on serait donc tenté de croire que c'est toujours plus aisé pour un entrepreneur dans ce cas de figure. Pas pour Christian Veron: «Lorsqu'on est chef d'entreprise et père à la fois, je pense que la transmission à la génération suivante est l'une des choses les plus difficiles à gérer. À travers cette expérience, cela peu paraître étrange à certains, mais j'ai appris à réellement connaître mes enfants, à découvrir leurs personnalités». Depuis et déjà à l'époque où il était membre élu à la chambre de commerce et d'industrie du Var, la transmission est au coeur de sa réflexion lorsqu'il s'agit de soutenir les entrepreneurs: «Dans ce cas précis de la cession, ils ne savent pas à quel saint se vouer et j'ai donc initié au sein de la chambre des actions pour tenter de leur apporter des réponses», confie Christian Veron.
Un tempérament de précurseur
Une manière aussi d'inscrire l'économie locale dans une certaine durabilité. Car «Christian Veron est un véritable acteur du développement durable dans tous les sens du terme», souligne Pierre Jaudon, directeur associé de l'entreprise Stipe, qui accompagne les entreprises et collectivités pour atteindre leurs objectifs en matière dŽenvironnement, qualité, sécurité. En tant que premier résident du technoparc Epsilon et par la suite président des entreprises de la zone, il a toujours fait preuve d'initiative et d'anticipation. Christian Veron est finalement doté d'un tempérament de précurseur. Et, ses idées, il les partage volontiers, mais ne les impose jamais: «Si ça ne colle pas, c'est toujours moi qui m'en vais».
Renvoi d'ascenseur
Sa dernière trouvaille, qui réunit à la fois son désir de transmettre son expérience, mais aussi son souci de construire une économie locale durable, c'est l'IAD. «J'ai découvert cette structure par l'entremise de Christian Saman, actuel président de la Croix-Rouge à Marseille. J'ai immédiatement été enthousiasmé par les missions de l'IAD». En intervenant en prises de participations minoritaires et temporaires et prêts participatifs dans les TPE et PME régionales en croissance, l'IAD leur offre la possibilité d'accélérer leur développement et d'accéder au crédit bancaire. «Je découvre plein de pépites, je reste aussi dans l'actualité économique et surtout, je renvoie en quelque sorte l'ascenseur au domaine économique local, qui m'a soutenu pendant des années».
Entrepreneur à la retraite, Christian Veron reste tout de même actif dans la vie économique locale. Président de l'association des entreprises de la zone Epsilon, il continue à affirmer son tempérament de précurseur. Administrateur de l'IAD, il transmet son expérience.
Hélène Lascols