À Wattignies, le site Chausspital.com connaît un bel essor. Sa maison mère Julie & Floriant mise sur le relais de croissance du web pour rebondir. À la fin des années 1990, alors que la vente en ligne n'était pas très répandue, Julien Dillies était trop en avance sur son temps. Vendre en ligne des chaussures, des vêtements et du matériel au personnel soignant ne trouvait pas encore son public. «Notre site était une usine à gaz», se souvient aussi le patron du groupe nordiste Julie & Floriant qui porte, entre autres, cette filiale dédiée Chausspital.
«Bon relais de croissance» En 2005, le nouveau site internet Chausspital.com développé par l'agence lilloise Cometik rencontre enfin sa cible. «Le premier jour de sa mise en ligne, nous avons enregistré pour 640€ de commandes», raconte Julien Dillies. La moyenne journalière se situe aujourd'hui entre 800 et 1.200€. «C'est un très bon relais de croissance qui s'est accéléré depuis un an et demi», se félicite le jeune entrepreneur qui revendique 35.000clients par ce biais, pour un chiffre d'affaires variant entre 800.000€ et 1,5M€. Les technologies d'animation, notamment la 3D, et la démocratisation d'internet constituent autant d'atouts exploités par Chausspital. «Grâce au web, nous allons pouvoir attaquer d'autres pays», ambitionne Julien Dillies. Il se tourne naturellement vers la Belgique, mais a aussi réalisé une étude de marché sur l'Allemagne, avec l'aide de l'Agence pour la diffusion de l'information technologique (Adit). Habitué des catalogues papier, Julien Dillies a vite saisi l'intérêt et la complémentarité du web. «Une page de catalogue représente un coût que l'on n'a pas sur internet. Demain, je peux mettre trois fois plus de produits en ligne au même coût et je suis plus réactif», argumente-t-il.
Interfacer les stocks en réel Cet été, il a également lancé un vaste chantier interne pour interfacer ses stocks avec son site web, via son ERP. «Ce nouveau robot va nous permettre d'avoir les stocks disponibles en permanence en ligne, explique-t-il. Mon objectif est de développer à fond le web.» Le groupe Julie & Floriant sort d'un redressement judiciaire suite au départ de la moitié de sa force commerciale, débauchée par la concurrence. Pour assurer son avenir, il développe d'autres sites web dont Medical-matos pour les étudiants infirmiers, aide-soignants, médecins et, le dernier né, Label-blouse.net, axé sur les cabinets médicaux et professions libérales. «Notre part de e-commerce progresse de façon importante», confie Julien Dillies. À la rentrée, il projette de faire un test marketing pour ne plus envoyer de catalogue papier à 300clients, mais une invitation à se rendre sur l'un de ses sites.
Géry Bertrande