Charte d'urbanisme commercial : A quoi rêvent les commerçants rennais...
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Charte d'urbanisme commercial : A quoi rêvent les commerçants rennais...

Aménagement La nouvelle charte d'urbanisme commercial du Pays de Rennes est en cours de réflexion. Après audit des acteurs du secteur, les voeux sont forts. Mais les enjeux aussi. Entre rêve et réalisme, les signataires sont en train de décider de l'avenir du commerce.

«Dans un monde idéal, les acteurs du commerce du Pays de Rennes aimeraient créer 230.000m² supplémentaires de surface de vente à l'horizon 2018-2020!, annonce Honoré Puil, élu rennais au commerce et vice-président de Rennes Métropole en charge de l'urbanisme commercial. Bien entendu, ce sont des intentions plus que des projets validés», poursuit-il, rappelant que depuis 2006, 61.000m² supplémentaires de plancher commercial ont déjà vu le jour, pour un total de 870.000m². Les signataires de la charte d'urbanisme commercial ont en effet lancé une étude préalable à la rédaction de la nouvelle mouture de ce document. Un audit a ainsi été réalisé par un cabinet spécialisé, Pivadis (basé à Orléans). Les commerçants et acteurs* ont été entendus. Conclusion: «Notre appareil commercial est dense et fortement attractif, rapporte Honoré Puil. Il couvre bien tous les besoins de la population. Par contre, Pivadis a pointé quelques zones de vigilance. Nous devons faire attention au rayonnement de l'appareil commercial et à sa capacité à attirer la clientèle». 400M€ sur les 2,94 Mds€ de chiffre d'affaires générés par le commerce en Pays de Rennes dépendent en effet de l'attractivité. «D'autre part, nous devons veiller à la montée du e-commerce, dont on ne mesure pas bien les conséquences, ajoute l'élu. Enfin, le problème de la rénovation des quartiers rennais et de leurs commerces de proximité doivent être entendus».




Pas de valeur juridique

À présent, les échanges et propositions doivent avoir lieu, et la charte sera signée pour cinq nouvelles années, à la mi-2013. Pour une application qui se voudra immédiate

. Toutefois, le document n'aura pas de valeur juridique, mais représente un consensus et une ligne directrice politique pour l'avenir du commerce dans le Pays de Rennes. C'est en réalité le Scot qui fixe les règles au niveau légal, et le volet commerce qui y figurera (rédaction prévue en 2015) reprendra les éléments de la charte.




«Le paquet sur l'animation»

Les enjeux en sont multiples. En premier lieu, il faudra «maintenir l'attractivité de l'appareil commercial, cite Honoré Puil. C'est-à-dire maintenir l'intérêt du premier pôle que représente le centre-ville de Rennes (451 M€ de CA), par rapport à la périphérie. Cela passe par la qualité urbaine, du patrimoine et de l'animation commerciale. Il faut mettre le paquet sur les animations à des moments clés de l'année». Le centre-ville est en effet, avec Alma, Rocade Nord, Rive Ouest, Rocade Sud et la Route du meuble, un "pôle majeur". D'autres pôles majeurs à attractivité plus limitée apparaissaient dans la dernière charte (Rigourdière, Cleunay, Longchamps, Cap Malo, Village la Forme). Leur "définition" sera discutée dans la future charte pour tracer leurs potentialités de développement. Mériteront-ils tous le titre de "pôle majeur"?




De la logistique urbaine?

«On verra s'il faut aller plus loin dans le développement de Cap Malo, par exemple, ou du Village la Forme», annonce Honoré Puil. Ce dernier pourrait ne plus recevoir de nouveaux commerces, mais être dédié «à de la logistique urbaine». Un petit nouveau pourrait aussi arriver dans les pôles majeurs: le projet EuroRennes À côté, les pôles intermédiaires (Mordelles, Bruz...) doivent aussi pouvoir se développer, face au nomadisme des habitants de proximité. La proximité, justement, fait partie des enjeux de taille dans le Pays de Rennes, puisque les centres commerciaux de quartier (comme le Gast) se verront attribuer une place de choix dans la politique de rénovation de la charte.




La proximité de retour

En effet, «aménager le territoire, c'est satisfaire tous les besoins, souligne François Eveillard, élu en charge de l'urbanisme commercial à la CCI de Rennes. Or, actuellement, 6,4% des établissements occupent 70% du plancher commercial. Il y a une concentration qui pose la question de la qualité de desserte. À mon sens, un type de pôle ne doit pas prendre le pas sur un autre. À l'avenir, nous devons avoir pour ambition d'améliorer la qualité de l'offre de proximité. D'autant que les modes de consommation ont évolué. Le public veut des lieux de vie».


* Les signataires de la charte 2008-2012, qui devraient être les mêmes en 2013: le Pays de Rennes, Rennes Métropole, les Pays de Châteaugiron, d'Aubigné, de Liffré, le Val d'Ille, la CCI de Rennes, la Chambre de métiers et de l'artisanat d'Ille-et-Vilaine, la Maison de la consommation et de l'environnement et l'Union du commerce.

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