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Charcuterie bordelaise : Après l'incendie, le gérant veut relancer son activité au plus vite
Bordeaux # Agroalimentaire

Charcuterie bordelaise : Après l'incendie, le gérant veut relancer son activité au plus vite

Arnaud Chedhomme, gérant de la Charcuterie bordelaise, cherche une solution d'urgence pour relancer son activité. À plus long terme, il souhaite reconstruire son usine. En parallèle, il réclame 3 millions d'euros au Préfet pour une fermeture administrative indue de son entreprise.

Annus horribilis. L'année 2017 a débuté depuis quelques semaines à peine, et le gérant de Charcuterie bordelaise (6 millions d'euros de chiffre d'affaires/49 salariés) a déjà connu deux grands malheurs : une fermeture administrative illégitime et l'incendie de son usine. Arnaud Chedhomme est à Paris, en partance vers le Chili où il doit retrouver sa fille, quand il apprend que son entreprise est en feu, le 16 février en soirée. « Je suis redescendu à Bordeaux dès le lendemain pour constater le désastre. Il ne restait plus rien... » Les 9 000 m² de l'usine sont partis en fumée au cours d'un incendie qui a mobilisé 80 pompiers.

En quête d'un site dans la métropole

Les 49 salariés ont été mis au chômage technique. Pour Arnaud Chedhomme, l'urgence est de relancer l'activité. Celui-ci souhaite utiliser son ancien site « La Garonnaise », à Bègles. Le bâtiment abrite aujourd'hui une boutique et pourrait accueillir la découpe de viande. « Il suffit de réhabiliter le froid. Cela peut se faire pour début mars, déclare le dirigeant. Pour l'activité charcuterie, nous cherchons un site de production isotherme de 2000 à 3000 m² sur la métropole. Et nous avons d'ores et déjà trouvé un sous-traitant susceptible de nous aider assez rapidement ». À plus long terme, Arnaud Chedhomme souhaite reconstruire l'usine à son emplacement actuel. « Patrick Pujol, le maire de Villenave d'Ornon, est d'accord sur le principe, annonce le dirigeant. Il faut que l'entreprise vive. J'ai mis 20 ans à construire cette boîte et je suis désespéré à l'idée que tout disparaisse ».

Caution hypothécaire sur l'usine

Le parquet de Bordeaux a saisi la brigade criminelle de la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) pour mener l'enquête. À ce stade, aucune piste n'est privilégiée. L'assureur Axa a également débuté son travail. Si des rumeurs de fraude à l'assurance se sont développées sur internet, voire même parmi le personnel, Arnaud Chedhomme les réfute catégoriquement : « J'avais signé le matin même du sinistre, le 16 février, une caution hypothécaire de 700 000 euros sur l'usine. Je suis dépité par ce qui m'arrive, et en plus je dois subir des rumeurs dégueulasses. Je suis un bâtisseur, et je dois repartir de zéro. Je suis fatigué de cette situation ». 6,5 millions d'euros avaient été investis en 2012 dans l'usine de Villenave d'Ornon. Cinq jours après le sinistre, Arnaud Chedhomme n'avait toujours reçu aucun message de l'administration. Il faut dire que ses relations avec la Direction départementale de la protection des populations (DDTP) sont notoirement exécrables. L'entreprise avait dû connaître une fermeture administrative en janvier en raison de manquements graves à la réglementation relative à la sécurité des denrées alimentaires. Une décision infirmée quelques jours plus tard par le Tribunal administratif et qui a conduit le dirigeant à attaquer le Préfet en justice. 3 millions d'euros de dommages et intérêts sont réclamés.

Contrat caduc avec la charcuterie Mainjolle

Selon Arnaud Chedhomme, une solution était sur le point d'aboutir pour pacifier les relations avec les services vétérinaires. « La Charcuterie Mainjolle devait reprendre la gestion industrielle du site. Et je devais me consacrer exclusivement au commercial. Cette solution était à l'étude au tribunal de commerce (la Charcuterie bordelaise connaît un plan de continuation après redressement judiciaire, NDLR) et validée par mon actionnaire Terres du Sud. Le projet est désormais en stand-by, car il n'y a plus d'usine ».

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