Ces indicateurs à surveiller pour bien piloter son entreprise
# Gestion

Ces indicateurs à surveiller pour bien piloter son entreprise

S'abonner

En mer ou en entreprise, naviguer à vue c’est prendre le risque de dévier de son cap, voire même de couler le navire. La mise en place d’un tableau de bord vous aidera à mieux piloter votre entreprise. Mais à quels indicateurs de performance se fier ?

Certains indicateurs sont communs à toutes les entreprises (trésorerie, marge, etc.), d’autres dépendent de la taille et du secteur d’activité de l’entreprise — Photo : ©rh2010 - stock.adobe.com

« Une entreprise ne peut pas être bien gérée sans indicateurs de pilotage. Ces derniers permettent au dirigeant de prendre les bonnes décisions pour développer son activité et améliorer ses performances économiques », expose Yves Ollier, dirigeant du cabinet d’expertise-comptable Amplitude.

Toutes les entreprises, petites et grandes, ont donc intérêt à mettre en place des indicateurs de pilotage. Encore faut-il savoir lesquels choisir pour ne pas se perdre dans la lecture et l’analyse de ses tableaux de bord. « Cela ne sert à rien d’avoir toute une batterie d’indicateurs. Il faut sélectionner ceux qui vont vous permettre d’aller à l’essentiel. Entre cinq et dix indicateurs, ce n’est déjà pas mal », assure Patrick Gourdet, associé au sein du groupe d’expertise-comptable In Extenso.

La trésorerie et les encours

Parmi les indicateurs incontournables, on trouve en premier lieu la trésorerie. « C’est le nerf de la guerre ! La première chose que je fais chaque matin, c’est de suivre ma trésorerie et les encours clients. J’ai un document, que je pointe quotidiennement, avec les factures échues et les factures pour le mois à venir. La trésorerie, c’est la base de tout. On a beau faire du business et de la marge, mais si on n’est pas payé, on est mort ! Certaines entreprises passent par des factors et prennent des couvertures qui coûtent très cher. Moi, je suis mon propre assureur », indique Pascal Tardy, gérant de Sicam, une société spécialisée dans les climatiseurs et pompes à chaleur.

Tous les matins à 7 heures, le dirigeant regarde le règlement de ses clients et son niveau de trésorerie. Et si un client ne respecte pas un délai de paiement alors qu’une commande est en cours, « je ne fais pas partir la marchandise. Je préfère perdre une commande ou même un client que de prendre une ardoise de 40 000 € comme cela m’est arrivé il y a quatre ans », poursuit-il.

« Plus on a de stock, moins on a de trésorerie. »

Si les encours clients impactent directement la trésorerie, il en va de même des encours de stock. « Plus on a de stock, moins on a de trésorerie. Surveiller l’évolution de son stock est donc capital pour la bonne santé de son compte en banque », précise Yves Ollier, comptable associé au sein du cabinet Amplitude.

Le chiffre d’affaires et la marge

Autres indicateurs clés à surveiller : le chiffre d’affaires et la marge. « Il est important de bien suivre les deux, car le chiffre d’affaires seul ne reflète pas la bonne santé de l’entreprise. On peut avoir une entreprise dont le chiffre d’affaires progresse mais qui ne va pas gagner d’argent, car sa marge commerciale, c’est-à-dire la différence entre son prix de vente et le coût d’achat de sa marchandise, va diminuer. En regardant l’évolution de son chiffre d’affaires, le dirigeant aura l’impression d’avoir une activité florissante, alors qu’en réalité son entreprise sera moins performante », explique David Ollier, associé à son père Yves au cabinet Amplitude.

Ce suivi combiné du chiffre d’affaires et de la marge, c’est ce que fait de manière hebdomadaire Pascal Tardy. « Un tableau de bord me permet d’avoir une analyse précise du chiffre d’affaires et de la marge de la semaine et du mois en cours. Je compare systématiquement les chiffres avec ceux de la même semaine et du même mois de l’année précédente. Ce tableau comprend quelques indicateurs additionnels, comme le nombre de factures, le montant moyen de facturation et l’évolution du taux de marge. Cela me permet de voir chaque semaine ou j’en suis économiquement par rapport à l’année précédente. Si l’année précédente a été une année record, cela me permet de relativiser la baisse de chiffre d’affaires réalisé cette année. Ce couple CA/marge est important car il permet d’avoir une vraie vision de la rentabilité de l’entreprise », argumente le dirigeant de Sicam.

La masse salariale

Pour apprécier au mieux la rentabilité de son entreprise, il est aussi intéressant de suivre l’évolution de sa masse salariale. « Il faut pouvoir suivre sa masse salariale tous les mois par rapport à l’année précédente et, éventuellement, par rapport à un budget prévisionnel défini en amont. Cela permet de voir ce que représente la masse salariale par rapport à la facturation et surtout si on tient son budget. Si on a budgété sa masse salariale à 100 chaque mois et que l’on est à 120 dès le deuxième mois de l’année, on risque d’avoir un gros problème en fin d’exercice », expose Patrick Gourdet, associé In Extenso.

« En dehors des indicateurs clés, communs à toutes les entreprises, il faut définir des indicateurs propres à son activité et à sa taille. »

Suivre sa masse salariale, c’est aussi suivre l’évolution de ses effectifs. Ce qui, dans certains cas, peut permettre au chef d’entreprise de se projeter d’une année sur l’autre et d’anticiper d’éventuels pics d’activité. « J’ai un suivi mensuel de mes effectifs. Cela me permet d’avoir en tête combien nous employons d’intérimaires et surtout de pouvoir y revenir l’année suivante pour savoir si en juin 2019, en fonction de l’évolution de mon carnet de commandes, je vais avoir besoin de recruter », explique Pascal Tardy.

Des indicateurs propres à l’activité et la taille

Bien entendu, le choix des indicateurs à surveiller va dépendre aussi de l’activité de l’entreprise. « Si je travaille dans le secteur de l’industrie, je vais devoir surveiller mon taux de rebut en production. Si je suis dans le commerce, je devrais accorder une attention particulière à ma marge commerciale. Dans la prestation de services, je vais peut-être mettre en place des indicateurs plus orientés sur l’aspect collaborateurs. Dans le transport, je vais regarder le chiffre d’affaires facturé au kilomètre. Dans la restauration et l’hôtellerie, je vais surveiller mon taux d’occupation. En dehors des indicateurs clés, communs à toutes les entreprises, il faut donc définir des indicateurs propres à son activité et à sa taille. Il est évident qu’une PME ou une ETI n’auront pas les mêmes indicateurs. Dans une ETI, on peut imaginer des indicateurs par services », développe Patrick Gourdet, associé chez In Extenso.

Son tableau de bord ainsi constitué, le dirigeant bénéficie au quotidien d’une visibilité accrue sur son activité. Ce qui ne peut que l’aider dans ses prises de décision.

# Gestion