Bienvenue au Centre pénitentiaire de Lorient-Ploemeur: entrée bunker, détecteur de métaux, enfilades de lourdes portes - pour certaines à serrure électrique. L'établissement pénitentiaire compte 287 détenus pour une capacité théorique de 238 places. «Une surpopulation supportable», selon son directeur André Varignon, qui rappelle que la plupart des maisons d'arrêt sont au-dessus de leurs possibilités d'accueil. Avec la mise en chantier d'un quartier nouveau concept (QNC) de 90 places, à vocation réinsertion, le Centre pénitentiaire va pourtant accueillir une partie des 83 détenus de la prison de Vannes, qui doit fermer d'ici à 2017. Notamment les courtes peines, qui représentent 12% des condamnés rien qu'à Lorient.
90 détenus travaillent
Créée en 1982, Lorient Ploemeur emploie 133 personnes dont 117 surveillants. En dehors des salaires de l'encadrement, qui ne sont pas à sa charge, le budget de fonctionnement de cet établissement dépasse à peine unmillion d'euros. L'un de ses particularismes étant l'atelier d'usinage de 950m² avec une vingtaine de machines (fraiseuse, presse hydrolique, tour à commande numérique...). L'atelier est dirigé comme une véritable entreprise, avec sa démarche commerciale. «Nous étions au salon Midesp de la sous-traitance à Paris», remarque Jean-Charles Le Mouellic, responsable de l'atelier, qui signale aussi la possibilité de passer ici un bac pro. Les ateliers façonnage et usinage réalisent 527.000 € de chiffre d'affaires annuel. Entre les murs de ce centre pénitentiaire, on ne fait pas semblant de travailler: 90 détenus évoluent dans les ateliers, «un bon chiffre par rapport à d'autres établissements», note André Varignon, qui relève même l'existence d'une liste d'attente. Pourtant, en prison, le contrat de travail n'existe pas. «Il y a un contrat d'engagement entre l'administration et le détenu et un contrat de concession entre l'administration et l'entreprise qui fait appel à nous pour de la sous-traitance», explique André Varignon.
Cosmétique et accastillage
Motus sur le nom des entreprises clientes, qui souvent n'assument pas de faire appel à des prisonniers. Tout juste apprendra-t-on que l'atelier façonnage réalise assemblage, montage et conditionnement de produits cosmétiques, électriques. L'usinage concerne pour sa part l'accastillage, la fabrication de pièces mécaniques pour des produits électriques ainsi que des pièces de mobilier urbain. Les entreprises intéressées doivent toquer à la porte du Service de l'emploi pénitentiaire/Régie industrielle des établissements pénitentiaires (SEP/RIEP). Les détenus sont en tout cas payés deux fois moins que le Smic: 3,97 € bruts de l'heure pour le SMR (Salaire minimum de référence). Mais en dehors de mandats bancaires en provenance des familles, le travail reste le seul moyen d'éviter la pauvreté. Celle-ci concerne un bon tiers de la population carcérale lorientaise.
SEP/RIEP Lorient Ploemeur. Tél. 02 97 86 19 04.